Suite, à propos de l’immigration de l’Algérie vers la France :
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La rupture des années 1973-74
Du côté algérien
Fin 1973, le gouvernement algérien décide de suspendre l’émigration
vers la France, alors que, jusqu’à cette date, il ne s’était que peu
préoccupé de la question ou s’était même montré favorable – du fait de
l’apport d’argent.
L’explication officielle en est les attentats racistes qui commencent
dès 1971 : entre mars et juin 71, 8 Algériens sont victimes d’attentats,
il y a en 1973 à Marseille plusieurs attentats contre des Algériens,
des foyers Sonacotra sont attaqués, dans un contexte de développement de
l’extrême droite anti-algérienne, l’influence de l’OAS étant encore
importante. Ce qui conduit Boumediene à parler d’insécurité pour les
ressortissants algériens en France
Une raison non dite, qui n’exclut pas la précédente, est que l’Algérie
est en pleine période d’arabisation et d’exaltation de valeurs
arabo-musulmanes. Boumediene veut donner des gages à une identité
algérienne fondée sur un Islam plutôt rétrograde. L’immigration vers
l’Occident chrétien devient alors insupportable.
Et puis l’Algérie, qui a nationalisé le pétrole, a moins besoin de la
manne financière que représentent les travailleurs émigrés.
Du côté français
Le 4 juillet 1974, Valéry Giscard d’Estaing, alors président de la
République, ferme les frontières à l’immigration de travail. En France,
la courbe du chômage remonte depuis 1968, remontée accentuée par le choc
pétrolier dû à la guerre du Kippour de 1973.
Deuxième période de 1973-74 à nos jours
L’immigration a cependant continué, même si elle a fortement baissé et changé de forme.
Il y a eu aussi un petit nombre de retours : quelques jeunes filles qui
ont été mariées au pays, quelques entrepreneurs qui ont voulu, surtout
dans les années 80 (ministère Hamrouche), apporter leurs compétences à
leur pays, et puis des retours forcés – il y a eu un certain nombre
d’expulsions (marche des Beurs novembre 1983).
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