@shadrack
Vous avez un esprit supérieur au mien, alors, en convoquant René Char, moi je me suis arrêté à son fils, Michel Audiard, qui avait ajouté à Matthieu la dixième Béatitude : "Heureux soient les fêlés...". Oui, il je crois qu’il est taquin aussi.
Je me
souviens bien de Descartes : enfant on me disait que les animaux ne
souffraient pas, puisqu’ils n’avaient pas d’âme. Heureusement que j’avais le
droit de regarder l’émission de Cousteau à la TV, à cette époque, sinon je
serais devenu bien sec : un scientiste, un rationaliste…
Votre effigie
en avatar m’interpelle : j’ai justement sentiment que nous sommes orphelins
de Gaïa. Et depuis longtemps. Platon, déjà, qui avait séparé la matière et l’esprit :
de la pâte à modeler, si malléable aux caprices de notre intelligence. Platon
disposait pourtant d’une belle palanquée de présocratiques, aux apports divers,
sans compter tous les mythes nourriciers, avant de fonder son école. Que
reste-t-il, depuis pour sauver : Saint François d’Assise, Teilhard de
Chardin… Des anciennes églises et cathédrales, vestiges des connaissances
architecturales des nombres, de l’astronomie, des Eléments, des harmonies, des
matériaux, qui remontent si loin, aux mésopotamiens...
Aujourd’hui,
les physiciens, eux-mêmes, n’arrivent plus à déformater leur esprit pour
résoudre la dualité onde-corpuscule en mécanique quantique.
La
prédiction de Malraux, je la sens bien fracassante : un océan matérialiste
le plus abruti, renversé par une vague géante religieuse la plus obtuse. La
spiritualité n’est pas dualiste, en tout cas.