L’économie, c’est du pipeau.
Aujourd’hui, l’économie, c’est des
bulles de dettes, et rien d’autre.
Toute l’économie mondiale repose sur
de gigantesques bulles de dettes.
Mais il n’y a pas que la dette publique
qui gonfle comme une gigantesque bulle de savon. Il y a aussi la
dette privée.
Aux Etats-Unis, la dette privée
atteint des proportions délirantes. Dette immobilière, dette
automobile, dette étudiante, dette des cartes de crédit, … la
dette privée dépasse les 13 293 milliards de dollars ! Record
historique battu !
Samedi 15 septembre 2018 :
Dix ans après Lehman Brothers, la
dette des ménages américains explose.
L’endettement des ménages
outre-Atlantique dépasse les 13.293 milliards de dollars et ne cesse
d’enfler, porté par une économie vigoureuse. Mais une décennie
après la crise des subprimes, certains observateurs s’en inquiètent.
Il y a dix ans éclatait la bulle des
crédits immobiliers « subprime », avec pour point culminant la
faillite de la banque new-yorkaise Lehman Brothers, précipitant
l’économie mondiale dans l’une des pires crises financières de son
histoire. Depuis, l’appétit des ménages américains pour le crédit
n’a pas diminué, bien au contraire.
D’après un récent rapport de la Fed
de New York, la dette totale des ménages outre-Atlantique a augmenté
de 82 milliards de dollars au deuxième trimestre pour atteindre
13.293 milliards. Un niveau qui se situe au-dessus du précédent
sommet de 12.680 milliards de dollars enregistré…au troisième
trimestre 2008.
Cette situation, qui semble logique au
regard du mode de consommation américain et de la vigueur de
l’économie outre-Atlantique, inquiète toutefois certains
observateurs qui voient se former des bulles susceptibles d’exploser.
Explications.
La dette immobilière
L’immobilier avait été le point de
départ de la crise de 2008. L’effondrement des prix dans ce secteur,
couplé à une remontée des taux directeurs, avait poussé les
ménages fragiles au défaut sur leur crédit hypothécaire. La
dévalorisation des actifs adossés à ces prêts immobiliers à
risque avait ensuite plombé les comptes des banques, précipitant la
plupart des économies mondiales dans une crise profonde.
Aujourd’hui, la dette immobilière des ménages américains est plus
élevée que jamais, à 9000 milliards de dollars. Mais le danger
semble écarté, selon la Fed. Le taux de défaillance des prêts
hypothécaires n’atteint plus que 1,1%. « Le marché immobilier s’est
assaini depuis la crise de 2008. Les banques sont plus regardantes »,
explique au Figaro Vincent Juvyns, stratégiste chez JP Morgan AM.
• La dette automobile
C’est l’un des postes d’endettement qui
inquiète le plus les analystes. Les encours totaux de ces prêts aux
États-Unis s’élèvent à 1240 milliards de dollars. Et ils sont en
progression constante depuis six ans, constate la Fed. Sur le seul
deuxième trimestre, ils ont augmenté de 9 milliards de dollars.
« Depuis la crise, il y a eu différents plans pour soutenir le
secteur. On a sans doute un peu forcé l’achat, sans être très
regardant sur le profil des emprunteurs », note Vincent Juvyns. Des
prêts automobiles ont ainsi été octroyés à des ménages peu
solvables. Ils portent d’ailleurs un nom : les « subprime auto
loans »... Dans une note alarmiste publiée l’an dernier, la Fed
constatait que « les prêts subprime sont accordés de façon
disproportionnée par les sociétés de financement automobile, et
leur part a doublé depuis 2011 ». L’encours de cette dette à risque
s’établit maintenant à environ 300 milliards de dollars, soit
environ 25% des encours totaux des prêts automobiles. La Fed chiffre
à plus de 23 millions le nombre de consommateurs détenant ces
emprunts à risque.
Plus inquiétant encore : ces ménages
ont de plus en plus de mal à rembourser leur dette. « Depuis 2011,
le taux global de défaillance des prêts consentis par les sociétés
de financement automobile s’est considérablement détérioré »,
déplore la Réserve fédérale. Or, comme pour l’immobilier en 2008,
ces prêts à risque sont titrisés et redistribués aux
investisseurs à travers divers instruments financiers. Ce qui fait
craindre le pire à de nombreux observateurs...« Il s’agit d’un
domaine d’endettement des ménages que nous surveillons depuis un
certain temps déjà, et que nous continuerons de surveiller »,
prévient la Fed. « Le danger existe et il est connu des
investisseurs. C’est un risque assumé », concède-t-on chez JP
Morgan.
• La dette étudiante
Emprunter pour étudier constitue la
norme pour les Américains. Mais à 1410 milliards de dollars, la
dette qu’ils ont contractée à ce jour atteint des sommets de plus
en plus inquiétants. Son niveau ne cesse de grimper, tiré vers le
haut par des frais d’inscriptions en augmentation. Aujourd’hui, les
jeunes actifs américains débutent leur vie avec un crédit
d’environ 30.000 dollars à rembourser. Un fardeau dont ils peinent
souvent à se débarrasser. Outre-Atlantique, certains retraités
n’ont même pas encore fini de rembourser leur prêt étudiant ! La
pression est telle que, selon le think-tank, Urban Institute, plus
d’un million de détenteurs d’un prêt étudiant font défaut chaque
année. Et d’ici 2023, près de 40% de ces emprunteurs seront en
défaut de paiement. En mars dernier, Jerôme Powell, patron de la
Fed, affirmait que la multiplication de ces défauts pouvait à terme
freiner l’économie américaine. Mais pas de quoi déclencher une
crise systémique pour autant, assure JP Morgan. « La dette étudiante
représente seulement 10% du volume de crédit des ménages. Ce n’est
pas assez fort pour déclencher une crise comme en 2008. Mais on peut
quand même s’alarmer de sa dimension. Cela ajoute du tourment à une
génération déjà en difficulté. Des mesures doivent être prises
pour rendre cette dette soutenable », affirme Vincent Juvyns.
• La dette des cartes de crédit
Les Américains restent très attachés
à leur carte de crédit. L’encours global des dettes qui y sont
liées atteint 829 milliards de dollars, un chiffre en progression de
14 milliards sur le seul deuxième trimestre de 2018. Selon une
récente étude du comparateur CardHub, les ménages détenteurs de
ce type de carte sont en moyenne endettés à hauteur de 8332
dollars. Un niveau jugé « insoutenable ». Le taux de défaut sur
cette dette est d’ailleurs en augmentation. « Il y a une
détérioration sur ce front, constate Vincent Juvyns, mais il
faudrait une récession économique avec un taux de chômage en
hausse et des revenus en baisse pour que cela devienne inquiétant.
Or, aujourd’hui, c’est l’inverse ».
Pas de panique mais...
D’après Vincent Juvyns, l’endettement
global des ménages américains ne représenterait à ce stade pas de
danger immédiat. « La charge de la dette a baissé avec les taux
bas. Et le patrimoine des ménages américains est à un niveau
historique. Leur capacité de remboursement est élevée. Dans les
prochains mois, nous avons du mal à imaginer qu’il y aura une
récession aux États-Unis qui serait susceptible d’inverser cette
situation », explique-t-il. Mais il l’admet : « en cas de
retournement de cycle, il faudra pouvoir se retourner. Et il faut
bien se rendre compte que la dette ne peut pas croître ad vitam
aeternam ».
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2018/09/15/20002-20180915ARTFIG00010-dix-ans-apres-lehman-brothers-la-dette-des-menages-americains-explose.php#xtor=AL-201