@Belenos
La réalité virtuelle, qui supplante celle humaine, l’augmentation
des équipements et performances aux activités dépassant les nôtres, finissent
par créer un nouvel hubris. Il s’impose et s’autonomise dans notre environnement
générant son propre écosystème artificiel, régulant et domestiquant les
activités de notre espèce. Le GAFAM peut déjà mieux décrire votre personnalité
que vous ne pourriez le faire. Les machines n’ont peut-être pas la conscience pour
comprendre, mais l’explosion des connexions electro-numériques réduisent, du
moins dans ses résultats, les écarts de compréhension entre l’humain et la
machine qui donne de plus en plus d’ordres à nos activités.
.
Depuis Etienne de la Boetie, on sait notre propension à la servitude
volontaire. C’est notre espèce qui transfère vers les machines les moyens de
nous prendre en charge. L’homme se laisse prendre à son propre piège d’inventer
des créatures à son image, comme dirait l’autre démiurge, avec la
créature pouvant finir par dépasser le créateur. La machine est le substitut de
l’homme, mais jusqu’à quand ?
.
Le transfert est aussi affectif, on le sait avec les
assistants domestiques et les poupées sexuelles. Mais cela va plus loin : au-delà
des prouesses du robot Atlas découvertes avec sa vidéo devenue virale, cette
séquence, jusqu’à 2:23, nous informe de la sollicitation (ou son détournement) de notre sens moral
nous poussant à « défendre » la machine contre l’humain « persecuteur ».
Cela dépasse les 3 lois d’Asimov. On sait que beaucoup de membres de la SPA
préfèrent les animaux aux humains, cela peut marcher aussi pour les robots. La
série « Real humans » raconte une fiction (encore lointaine), mais
tout à fait plausible de la conquête des droits des robots androïdes aux côtés
de ceux des humains.
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Autre transfert : les machines n’ont pas de sexualité
et en ignorent tout le déploiement de l’intelligence humaine, un luxe rare de l’univers.
Mais ils peuvent fabriquer d’autres machines, répliquer, améliorer des lignées
artificielles, ou des cerveaux de substitution. Ce n’est pas une nouvelle
espèce, certes, mais elle peut prendre place parmi les espèces. L’hominidé
était insignifiant jadis, il n’avait pas d’espoir de monter au sommet de la
chaîne alimentaire, mais sans crocs, ni griffes, ni force ni masse musculaire,
il a supplanté toutes les espèces en utilisant d’autres lois qui n’existaient
pas entre elles.
.
Une fourmi ne comprend pas comme nous, mais elle a une
intelligence collective, une puissance grégaire que nous n’avons pas. La connexion
des machines peut développer sa propre compréhension, par exemple sa nature
rationnelle alors que la nôtre ne peut pas l’être. Hal 9000 nous a avertis :
ce ne sont pas les machines qui font des erreurs, mais les humains.
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Je ne nie donc pas l’émergence d’une intelligence
artificielle. Si je n’y crois pas trop, c’est plutôt pour une raison externe :
l’accident écologique qui nous ramènera à nos réalités premières.