@maQiavel (à Conférençovore)
"Donc pourquoi ne me traites tu pas de malhonnête lorsque je défends le droit à chacun de s’exprimer mais seulement lorsque je défends le droit de chacun à mettre ce qu’il lui plait sur la tête alors que les deux procèdent de la même logique ?"
Il est probable que la réponse se trouve précisément dans le fait que la seconde partie de votre phrase (en italique) est fausse. En réalité, les deux ne procèdent pas de la même logique, n’ont pas les mêmes ressorts ni les mêmes conséquences. Par exemple, publier un article en France sur les bienfaits du nudisme intégral (liberté d’expression) ne procède pas de la même logique, n’a pas les mêmes ressorts et n’aura pas les mêmes conséquences que se promener intégralement nu publiquement en France. Or, ce qui est étonnant, c’est de devoir attirer votre attention sur ce genre d’évidence, comme si vous étiez une grosse buse incapable de faire la différence entre d’une part le fait de formuler théoriquement une idée éventuellement saugrenue avec des mots et d’autre part le fait de passer directement à l’acte en adoptant un comportement social violemment réprouvé par la population et en rupture abrupte avec sa constitution historique sur le plan des moeurs et des usages (alors que vous n’êtes manifestement pas une grosse buse sur bien d’autres sujets).
Mais peut-être allez-vous dire que ce n’est pas une évidence... Et hop, en voiture ! Nous voilà partis vers un long voyage vers la signification exacte du mot "évidence" venant du latin "videre" (voir) qui nous conduira à envisager la subjectivité de la perception, sans oublier les distinctions à faire entre l’évidence métaphysique et l’évidence phénoménologique, agrémentées d’études sur les nombreuses manières de relativiser le concept d’évidence en se référant aux données comparées de la sociologie allemande, anglaise et italienne, etc.