@Daruma
« Tout
ça pour dire que le fascisme rampant, qui garde l’apparence de la démocratie et
qui s’installe progressivement par dérive autoritaire du pouvoir déjà en place
est bien plus à craindre que le fascisme « folklorique », costumé et
nostalgique d’un passé révolu »
------> Je
pense que le plus intéressant est là. Non pas que j’adhère à cette vision mais
ça permet de comprendre le paradigme des antifascistes. Ils ne considèrent pas
qu’un régime caricaturalement fasciste calqué sur les années 30 va émerger tout
d’un coup de nulle part ( et c’est surtout parce qu’on s’imagine qu’ils pensent
ça qu’on trouve souvent que leur point de vue est grotesque ) mais plutôt qu’il
y’a un long processus de fascisation de la société qui peut prendre
momentanément des apparences diverses et variées, y compris celle des gouvernements
représentatifs les plus respectables qui vont rogner petit à petit les conquêtes
de l’Etat de droit.
En ce qui me
concerne, j’ai un désaccord avec eux sur la définition du fascisme, la mienne
est classique et par conséquent beaucoup plus restrictive, je pense que leur
propos serait plus pertinent s’ils trouvaient un autre nom pour qualifier le
phénomène dont ils parlent mais sur le fond, leur pensée est beaucoup moins
absurde que je le supposais.
Le problème
est aussi le suivant : en supposant qu’ils aient raison, alors le strict respect
des droits individuels et collectifs est la meilleure ligne de défense contre
le processus dont ils parlent. Seulement, eux-mêmes, souvent par tradition anti-étatiste,
se moquent des droits individuels qu’ils qualifient de « bourgeois » et
participent à la délégitimation de l’Etat de droit en prétendant que ses dispositifs
institutionnels permettent aux agents fascistes d’instrumentaliser ces droits à
leur profit.