@Ritonas 4
Ce qui est intéressant, chez lui, c’est qu’il se sert du
comportement micro-biologique pour en faire des cartes philosophiques. Un peu comme faisait Henri Laborit : comportements
animaux/comportements humains (banal aujourd’hui mais perturbant en son temps
où l’on pensait encore comme Descartes : les animaux n’ont pas d’âmes et d’ailleurs ne peuvent pas souffrir). Francisco Varela
le fait aussi avec des systèmes encore plus éloignés (fausse apparence). (à 7:14
de votre vidéo « au pif ») : la recherche de stabilité est une
propension aussi bien en biologie cellulaire qu’en philosophie. Je le vois bien
dans ma petite ethnologie sauvage : la tranquillité d’esprit, c’est
absolument jouissif, ça m’alimente mon dernier message à Yoananda : dans
un système-monde communautaire bien construit, bien imaginé, matériel/spirituel,
on atteint une grande paix avec soi-même.
Mais c’est devenu un impensé aujourd’hui, à cause de la
doctrine « fautbouger » engrammée dans nos têtes (le progrès, le
changement) et la faim de Technos. On a découplé conservatisme/progrès, alors
que l’un est nécessaire : installation/stabilité d’un système/d’une vie,
comme l’autre : course à la complexité/amélioration de sa vie. On a
complètement découplé ça, pour les besoins électoraux incessants du pays :
la drouatte/la gôche, une obstination idéologique qui date de la révolution
française (qui pour moi a été une bonne chose, mais ensuite, ça va, c’est bon,
on a compris). D’où ce bouffage de nez permanent, cette pathologie idéologique à entretenir
et campiste qui nous rend hargneux entre
« t’es conservateur » et « t’es progressiste » (alors qu’il
faut les deux : l’un comme l’autre sont dysfonctionnels séparément,
rendent fous ou malades). Et maintenant, pour satisfaire T€chno$, le
conservatisme est devenu un péché et c’est l’obnubilation du progrès. C’est le
travail de JC Michéa, c’est aussi celui de Barbara Stiegler qui dit que la vie
est perpétuellement plantée dans un temps futur et « il faut s’adapter » :
le présent nous est volé, la vie est épuisante, c’est un enfer entretenu.
C’était l’irruption des GJ à la tévé, chez Pujadas, sa
grande émission quand on a entendu Romain Goupil hurler comme un goret. Les Gj
disaient aux qques ministres qui étaient là : nous, on veut bien faire le boulot
que vous demandez. On peut et on sait faire ça. On ne cherche pas à prendre le
pouvoir, diriger, ce n’est pas notre truc. Mais on a besoin d’être payés pour
ce qu’on fait, afin qu’on puisse faire nos vies, nos familles, le délassement et
les amis dont on a besoin. Alors vous qui avez les manettes, qui savez faire, c’est
votre job, vous faites quoi ? Réponses : Beeen… Ouais… Vous avez
raison, on va réfléchir à faire des réformes.
Autre façon de voir la même chose : la vie des bons
moments/la vie trépidante. Là aussi, il faut les deux, mais on a enlevé le
droit à s’offrir les bons moments et il faut trépider perpétuellement comme des
cons.
Oui, Francisco Varela est intéressant (était). Et les vidéos
sont simples à comprendre, mais à grande densité d’information : la
pédagogie, c’est la politesse du scientifique. Je prendrai encore le temps de
regarder les autres.
Merci
P.S. : j’ai fait mon commentaire un peu après 7 :14
de sa vidéo, je vois ensuite qu’il est un peu trop dans le paradigme du changement.
Oui, il faut être flexible (plastique plutôt), oui, la certitude est mauvaise,
mais il lui manque dans l’équilibrage final, le théâtre général de la vie :
et stabilité, et changement. Mais pas grave pour moi. Il lui manque le cycle
agricole (normal, l’humain est devenu citadin) : toujours le recommencement,
le même renouvellement des saisons/activités, mais en spire eu lieu de rester
en cercle fermé. Et pas le tunnel direct
du bougisme, tout le temps tout changer quand ça n’est pas nécessaire.