@JL
L’information ne se détruit pas, elle se transforme.
Plus exactement, elle s’accumule. Les premiers instants du
big bang produisent une nuée de toutes sortes de particules élémentaires (la liste
continue à s’allonger aujourd’hui). Certaines s’adoptent entre elles, les
quarks U et D, en trio, pour former des neutrons (pas neutres en fait, de
charges puissantes mais à somme zéro) et se regroupent avec les protons, de mêmes quarks (mais 2 U et 1 D en envers du neutron), à
charge +1 et contractualisant avec une autre particule élémentaire : l’électron, pour faire un atome en équilibre de charges.
Et c’est définitif, le programme est rentré pour toute la durée et les endroits
possibles de l’univers. Si cette logique de programmation (le mot n’est pas joli, j’ai
celui-ci sous la main, mais indique au moins une progressivité, plutôt que "loi"),
n’existait pas, l’univers ne resterait que chaos permanent.
L’émergence de la cellule a créé un nouveau concept : le
milieu intérieur et celui extérieur qui déploie tout le monde biologique d’interactions
entre ces deux milieux. Autre encodage.
L’empilement des encodages a déterminé que les animaux ont
toujours des reins (2), un cœur (pas 4), des yeux, des estomacs (1 pour les
carnivores et omnivores, 3 pour les herbivores), etc… et ce sera toujours comme
ça, du moins dans notre période d’écosystème général.
Le gland n’est pas le chêne, mais il ne fera jamais un conifère.
Le gland est donc quand même le chêne, il y a son imago, son programme.
Notre métabolisme est une somme de matériaux, mais c’est l’intelligence
biologique qui a accumulé, compilé par milliers, ou milliards, avec le temps, de codes, programmes et fonctions pour animer notre réalité corporelle, qui tient non
pas tant sur ses matériaux que sur son holisme général et détaillé. De même que
notre esprit est la composition et la somme, ou son égrégore, de tous les
micro-organismes et micro-esprits qui font notre corps.
J’aime bien l’ophrys
apifera, une orchidée au labelle spectaculaire. C’est une poupée sexuelle
imitant la forme de l’abeille, par le devant, ses couleurs, ses poils, l’odeur
de la femelle, et glissant pour que ça patine bien. L’abeille mâle tente en
vain de copuler, ses poils décrochent le pollen, puis son excitation montée et
frustrée, tente avec un autre leurre juste à côté, pollinisant ainsi l’ophrys
voisin. Match : le végétal futé a gagné contre l’animal c.. comme une b…. Un orphys n’a pas de
possibilité motrice, n’a pas d’yeux, ni oreilles, ni sens, ni cerveau, ni
nerfs : comment a-t-il compris la forme de l’abeille, sa texture, ses
couleurs, ses sens de la vision et de l’odorat, son mécanisme sexuel, sa libido,
ses sentiments, son vol parmi les autres orphys dont il sait l’existence ?
https://www.youtube.com/watch?v=swX0QnoPKoI
(commencer à 1:16, on ne peut plus encoder le choix du démarrage)
C’est l’éléphant
dans la pièce. Certains cherchent encore un dieu, comme une licorne, alors qu’on
ne fait que nager déjà dans l’intelligence biologique dont nous sommes faits,
qu’on ne sait pas saisir. L’être est l’univers lui-même, comme vous le dites. C’est
ce que dit aussi le Tao.