@yoananda2
Moi, dans un champ à coté de chez moi, il y a une
pierre. Cette pierre est sacrée pour moi. J’ai une histoire avec. Je suis prêt
à mourir pour cette pierre. Je prie cette pierre à chaque pleine lune.
C’est ma spiritualité.
Eh bien, oui, tout votre paragraphe est
intéressant. C’est même le genre d’endroit où je vis. Je vis avec des
communautés de gens qui ont cartographié leurs territoires, avec des endroits
ceci des endroits cela, il faut éviter comme ci, faire comme cela. Et il m’est
arrivé des trucs bien bien bien étranges. Est-ce le groupe qui fabrique l’égrégore
ou est-ce la nature qui parle ? Je pense réellement un dialogue entre les
deux. Et pour moi, c’est plus que chouette de vivre dans un monde habité. Je ne
préciserai pas plus sur le site (vu l’état dans lequel il est) et par ailleurs ce sont
des gens que je respecte (et ça fabrique du puissant respect, c’est
inestimable).
.
En parlant caillou, j’en profite pour récupérer
un extrait :
Les sportifs de l’extrême ne sont pas (sauf qq
exceptions comme Patrick Edlinger) en recherche de spiritualité. Ils ne se
confrontent pas à la mort en tant qu’exercice spirituel, sinon, bah, une fois
que c’est fait ils passeraient à autre chose. Non l’objectif c’est bien
"sensuel" donc matériel. Le risque de mort n’est qu’une externalité.
C’est pas dans un but de grandir spirituellement qu’ils font ça, c’est pour le
fun.
J’ai pratiqué l’escalade, c’est très au dessus de tous les sports
que j’ai pu toucher. Si c’est
sensuel, oui, peut-être, ça ne me gène pas. En passant si vous avez été en
Inde, je pense que vous avez vu ce qu’il y a au fond, au cœur, au bout de tous
les temples de l’Inde…
Mais c’est global, assurément physique. Il faut
que ce soit puissant et lent en même temps. Et surtout atteindre un calme d’esprit
nécessaire que j’ai rarement ressenti. D’autant plus quand on grimpe en solo (
5+, si vous connaissez). il y a un plaisir particulier à mobiliser ses quatre
pattes pour composer l’enchaînement des gestes sur la paroi, on sent vite qu’il
y a une perfection à chercher, le bon dialogue avec la voie, ses moments où
elle t’exige et quand même d’autres où elle te fait un petit cadeau. Et jamais
je n’ai autant observé, détaillé, rentré dans ma tête, aimé le caillou :
il faut faire corps avec, forcément. Et on aime cette solidité, dont on a réellement
besoin à ce moment, y compris pour se faire la sienne, cette structure qui
tient la Terre, pour des temps infinis. Et en plus tout ça en vertical, une dimension
qu’on ne vit jamais, avec la victoire devant le Soleil.
Eventuellement, regardez, Alex Honold, sur El
Capitan. C’est lui le top actuellement. Malgré tout ce que je sais pourtant, je
ne comprends tout simplement rien à ce qu’il fait. Est-ce qu’il est cinglé ?
Possible, ou même certainement, pourquoi pas, mais ça m’est égal, il est libre
Max. Est-ce qu’il est matérialiste ? Vous rigolez : il passe la
moitié de sa vie dans une caravane, quand il reste trop longtemps dans sa
maison, il devient malheureux.
Et même un débutant, en moulinette, il goûte déjà
cette spiritualité : il est toujours plus calme après qu’avant (en plein
air : en salle je n’ai jamais fait, hormis pour voir une fois, sans recommencer).
Vous avez déjà grimpé un arbre, gamin, j’imagine. Vous cherchez toujours à
monter le plus haut possible, puis vous êtes au plus haut : et tac, vous
avez le moment contemplatif. Et curieusement, vous ne ressentez pas de fatigue.
Bien, j’ai
déjà fait long…