@Conférençovore
"avons-nous besoin d’intellectuels ?"
D’un côté,
on a les scientifiques qui se soumettent à l’arbitrage de l’expérience, de la
réalité. Ils sont dans l’ensemble incontestables et ne nous apportent que du
bénef. : le confort et surtout le moyen d’être les mieux armés, les plus à
même de nous défendre et de tuer l’ennemi, efficacement.
Jusqu’à ce
que toutes ces créations technico-scientifiques détruisent tout, la nature et
finalement tout le vivant. C’est le cycle de l’homme qui ne dure qu’un instant : quelques millions d’années environ si on le compare à la durée de vie de la planète
qui se compte en milliards d’années, sans parler de l’univers.
De l’autre côté
il y a les intellectuels, création française assez récente. Ils excitent la
curiosité de leurs contemporains pour trois raisons principalement : ils s’opposent
au pouvoir en place (tout en étant bien souvent des serviteurs-fonctionnaires
de ce pouvoir), ils proposent des organisations sociales alternatives
(communisme …), et imaginent ce que pourrait être l’avenir (prospectives). Ils sont supposés
être plus intelligents que la moyenne et mériter une certaine confiance.
Malgré cette
confiance relative, ils sont en voie de disparition, pour des raisons assez
mystérieuses. Peut-être ont-ils trop « déconné », toutes leurs
spéculations (leurs idéologies) ne conduisant finalement à rien de bien
intéressant, quand ce n’est pas au pire malheur, toutes leurs prospectives se
révélant fausses, tous leurs combats oppositionnels se révélant finalement assez
vains (TINA). Sartre est le prototype du déconneur absolu.
Création essentiellement
européenne, cette race d’intellectuels a été finalement balayée par les
Anglo-Saxons d’outre atlantique très pragmatiques (au contraire des rêveurs
européens) qui attendent des penseurs des dividendes, des résultats rapides et
concrets. Ils préfèrent développer l’IA et en tirer tous les bénéfices
potentiels (en dollars) plutôt que rêver à une autre société avec leur PI (leur Pauvre
Intelligence comparée à l’IA).
Ceci dit,
les intellectuels résiduels gardent en Europe une certaine clientèle (et aussi
dans quelques universités américaines), dont je fais partie. Des curieux
insatisfaits, souffrant de l’absence de religion sur laquelle se reposer, un
intellectuel de premier plan ayant établi que Dieu serait mort (au siècle dernier).
Donc Todd, en
attendant mieux.