@Gaspard Delanuit
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La définition principale en langue française est : "faculté de comprendre".
Et "comprendre" pour l’Académie Française, c’est "saisir par l’intelligence". Dans une boucle on peut avancer sans fin...
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Cette voiture n’est pas intelligente parce qu’elle n’a pas de "comportement", pas "d’adresse", pas "d’habileté", pas "d’intention" de parvenir à un certain "résultat". Elle n’est pas intelligente pour la simple raison qu’elle n’est pas.
Et la voiture n’a pas d’intentionnalité, je peux entendre tout ça.
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Le Larousse et le Robert sont un peu moins paresseux que l’Académie Française en parlant d’IA comme simulation de certains traits de l’intelligence humaine.
Vous êtes quand même un peu culotté de ressortir votre thermostat de radiateur :
Le thermostat d’un radiateur ou d’un réfrigérateur permet aussi d’adapter la marche et l’arrêt selon la température extérieure. Il s’agit d’une adaptation mécanique précise mais entièrement déterminée par un programme fixé à l’avance.
Vous évacuez le problème en réduisant à de la mécanique et à un horodateur. C’est faux. Le numérique n’est pas de la mécanique, c’est de l’encodage, de la programmation permettant de saisir et conduire des machines, et d’utiliser des capteurs pour traiter des situations, Le numérique est de la circulation d’informations pour les recueillir, prescrire et fabriquer, via des machines, absorbant des systèmes de plus en plus vastes et complexes dans nos sociétés de vivants humains. La voiture automatique est un terminal, un passif, piloté par le numérique, qui est son actif.
Ce simili de l’intelligence humaine est ambivalent : il augmente les capacités humaines comme il s’empare d’elles.
L’intelligence n’est pas une ontologie, elle est produite par une source, et peut-être aussi par un ensemble d’interactions.
La conscience elle-même est une formation dans l’intangible. Un bébé humain ne comprend rien à sa naissance, il ne sait même pas qu’il a des yeux qui voient quelque chose. C’est son cerveau reptilien qui gère, avec les sensations utilisées pour (faire) réagir. C’est avec l’accumulation d’images et situations mémoires, qu’il commence un soi (plus exactement un moi), une conscience, pour interagir, puis agir, puis élaborer. J’envisage même ici que le bébé ne naît pas intelligent, elle vient avec la formation de sa conscience et le jeu des interactions, émotionnelles, mécaniques, situationnelles.
Entre l’intelligence humaine et le simili numérique, on rentre dans des sables mouvants.
Je suis en entre deux, incertain sur ce sujet. Car les pensées et concepts élaborés qui ont fait notre langage et nos existences humaines ne sont plus à jour avec l’émergence du monde numérique. C’est peut-être plus qu’une adaptation, une redéfinition de la société qui et en cours. Et si on ne s’occupe pas conceptuellement, voire paradigmatiquement du numérique, c’est lui qui s’occupe (déjà) de nous.