@yoananda2
Hors, ce n’est pas ce qu’on observe pour la température de la terre... il n’y a pas d’homéostasie de la température. S’il y a homéostasie, c’est sur autre chose. (un peu comme pour nous finalement, le glucose peut varier en fonction d l’effort qu’on fait). Mais quoi ?
Sur quoi se porterait le mécanisme homéostatique planétaire au juste ? sur quelle variable exactement ? La température viendrait réguler quoi ?
Sauf erreur, vous ne l’avez pas explicité.
En fait je n’arrive pas à cerner ce que vous ne comprenez pas. Je vais tenter de répondre, sans être sûr d’y arriver.
"La biosphère est autorégulatrice" : cela vous parle ou pas ?
C’est le principe d’Aristote : "le tout est plus que la somme des parties", développé dans "Métaphysique" et "De Anima". Le tout vient qui fait unité des parties. Les parties ont eu une existence antérieure. Le tout est capable de faire ce que les parties, même ensemble ne pourraient faire. Confucius aussi a énonce ce principe.
Aujourd’hui, c’est l’holobionte, la discipline qui vise à lire ce fonctionnement dans la nature. Le cas le plus célèbre est la barre de corail australienne, qui devait dépérir, ses composants ne pouvant résister à l’acidification et à l’échauffement de l’eau. Sauf que cette barre de corail s’est même étendue.
Il y a eu des changements de composants organiques qui ont permis sa résilience. Donc ce n’est pas simplement l’homéostasie, un régulateur pour s’adapter à un changement dans le milieu, ou stress, c’est l’homéorhésie, des composants eux-mêmes de l’organisme pour qui ont été changés pour s’adapter à un nouveau contexte d’existence. Il y a bien un ’tout" qui a pris en charge les différents changements de composants pour qu’une barre de corail puisse continuer selon un "nouveau modèle"
Idem la biosphère, qui est devenue "plastique". Au début de la Terre, les contrastes de températures entre les jours et les nuits étaient de bien plus grande amplitude et brutalité qu’aujourd’hui. Mais les océans mêlaient le chaud et le froid, alors les courants sous-marins sont apparus, avec les couloirs thermiques et répartitions des zones chaudes et froides. Alors les 70% de surfaces océaniques ont réduit l’amplitude thermique sur les surfaces continentales. Les milieux terrestres devenant plus tempérés, alors la végétation, moins solide aux variations climatiques a pu se faire. Etc...
Dans l’hypothèse CLAW de Lovelock, ce sont les phytoplanctons qui émettent du souffre (sous forme de sulfure de dyméthyle, DMS) dans l’atmosphère qui sert de fixateur naturel à la formation des nuages. Plus il fait chaud, plus il y a de souffre émis, et vice et versa. Cette hypothèse n’est pas complètement confirmée : elle est toujours étudiée, le processus est plus complexe que ça, mais les nuages marins existent bien historiquement grâce au souffre.
C’est cette hypothèse qui a permis de se rendre compte qu’il y a toutes sortes d’interactions insoupçonnées entre les trois milieux physiques comme vivants de la biosphère. Cette dernière a ainsi capitalisé un nombre incalculables d’interactions a son fonctionnement. Je crois même que la notion de rétroaction est venue de ça.
Quand viennent des chocs externes et internes naturels, et maintenant humains, c’est le "tout" biosphérique qui peut encore agir pour des "réparations" plus lourdes, comme ses changements de garde robes après chaque extinctions des espèces. Sachant que chacun des trois éléments terrestres sont des "sous-tout", avec leurs propres capacités de "réparation".
Je ne sais pas si cela répond à votre question.