@nono le simplet
si on ajoute la déroute de la marine russe en Mer Noire
il faut être sacrément optimiste pour parler de guerre gagnée par la Russie,
non ?
On peut effectivement voir les choses comme vous les
présentez. J’en suis en partie d’accord quand on réfléchit à cette
confrontation entre un pays ruiné d’où 1/3 de la population a fui, qui à
l’Ouest, qui en Russie et un pays plutôt en bonne santé, quatre fois plus
peuplé et réputé « 2ème puissance militaire » au monde.
Je m’explique plus ou moins cette surprise par les
caractéristiques de « l’opération spéciale ». Quels objectifs ?
Quels moyens engagés ? Pourquoi pas de mobilisation générale ?
Pourquoi les ponts de Kiev sont-ils toujours en état de marche contrairement à
ceux de Belgrade bombardés par l’OTAN à l’époque ? Est-il exact, comme
certains le prétendent, que les Russes y vont prudemment, économisant hommes et
matériels contrairement à l’Ukraine (je sais que certains prétendent le
contraire, mais les statistiques de consommation de munitions rendent toutes
ces considérations douteuses).
Et puis les combattants Ukrainiens et assimilés, tout en
défendant vaillamment leur pays, font un peu fonction de mercenaires de l’OTAN
qui se passionne pour ces essais en vraie grandeur de son matériel (surtout
américain) dans cette guerre OTAN-Russie par proxys, et y investissent des
centaines de milliards.
Donc OK avec vous, l’Ukraine n’a pas perdu la guerre.
Et quand la Russie aura obtenu que l’Ukraine reste en dehors
de l’OTAN (c’est fait), que la Crimée et l’essentiel des régions Est de l’Ukraine
ne seront plus disputées par l’Ukraine mais définitivement rattachées à la
Russie (c’est presque fait), on pourra dire avec vous que la Russie n’a pas gagné cette guerre.
Il n’y aura ni perdant, ni gagnant mais l’amorce d’une
nouvelle architecture mondiale issue de cette guerre, où les USA (et l’Europe) auront
un positionnement un peu différent, et c’est ça le plus significatif.