@micnet
Ce
paradoxe s’envole dès que l’ont prend en compte qu’il existe plusieurs type de
leadership. En d’autres termes, une politique de puissance ne se manifeste pas forcément
par un écrasement des autres souverainetés
Dans
la doctrine réaliste des relations internationales, on aime se référer au cas
de la guerre du Péloponnèse pour opposer le leadership exercé par Spartes et
celui exercé par Athènes. Pour faire très simple, Athènes, dans la ligue de
Délos se comportait en dictateur. Son leadership était autoritaire : elle contraignait
les cités de sa coalition à lui obéir et détruisait ou déstabilisait celles qui
ne se soumettait pas. A contrario, dans la ligue du Péloponnèse, Spartes n’obligeait
pas ses alliés à la suivre. Ce sont eux qui venaient d’eux-mêmes sous sa protection (par crainte des Athéniens notamment). Là
je schématise parce que dans la réalité c’est plus complexe (une même puissance
peut exercer plusieurs formes de leadership et un leadership peut avoir plusieurs
dimensions en fonction des thèmes). Mais l’idée est là.
Dans
notre monde moderne c’est encore plus vrai. Tu as des politiques de puissances
qui ne se basent pas sur la contrainte (le hardpower) mais sur le consentement (le
soft power). Il y’a d’innombrables exemples de leader qui émergent pour leur
attractivité économique, financière, sociétale, de leur complexe militaro-industriel,
et donc des pays qui vont d’eux-mêmes vers ces pays-là pour signer des accords
de coopération. Regarde par exemple la Chine en Afrique. Je ne suis pas entrain
de dire qu’elle est parfaite et qu’il n’y a pas de corruptions etc, comprenons-nous
bien. Mais elle n’a pas de base militaire là bas (sauf à Djibouti), elle ne
change pas de gouvernements à sa guise et elle n’exerce pas de pression
politique sur ces pays. Mais aujourd’hui, elle est une puissance plus dominante
que la France sur le continent simplement parce qu’elle attire vers elle
des Etats qui veulent signer des accords avec elle.
Donc
voilà. Mais encore une fois je schématise pour faire comprendre mon propos mais
dans la réalité c’est plus complexe que ça.