@yoananda2
Jusque-là je
n’ai exprimé que mon incompréhension vis-à-vis de cette affaire du
Groenland que j’ai beaucoup de mal à prendre au sérieux. Mais en effet, si
c’est sérieux, oui l’extension du territoire américain dans ce contexte là est
en effet un problème. Eh oui je serais évidemment en faveur d’une coalition
contre les yankees pour les en empêcher.
Maintenant
entrons dans le vif du sujet. En politique, il y’a les intentions, les
prétentions et les actions.
Le discours
selon lequel le projet de l’UE est de faire bloc contre les autres puissances est
une prétention. Je n’y crois absolument pas. Si les US ont participé activement
à la construction de l’UE, c’est pour, d’une part, vassaliser les pays qui en
font partie, et d’autres part s’en servir comme glacis géostratégique dirigé
contre l’URSS et ensuite contre la Russie. Et l’intention encore plus profonde,
c’est briser toute entente continentale (c’est la politique anglo-saxonne
depuis le 16ème siècle). L’UE
telle qu’elle existe aujourd’hui n’est donc pas un espace de puissance (même potentiellement)
mais d’impuissance (d’ailleurs son fonctionnement institutionnel le prouve ). Au delà des intentions et des prétentions, les actions montrent que c’est une structure américano-compatible (pour ne pas dire plus).
Est-ce que
ça veut dire que la France doit faire cavalier seul en cas de Frexit (question
rhétorique) ? Non. Rien n’empêche de construire une alliance, voire une
coalition de pays européens (et d’ailleurs , je ne vois pas pourquoi se limiter
à l’Europe). Et une coalition n’est justement pas composée d’alliés de circonstances.
Tu dis « tu
pourrais simplement souhaiter l’unir plus, en faire une nation, comme le
souhaitent certains. » C’est la proposition du fédéralisme européen. Cette
alternative suppose une redistribution entre les pays les plus riches et ceux
qui sont les plus pauvres. Eh bien elle est rejetée. Pourquoi (question rhétorique) ?
Parce que les riches ne veulent pas payer pour les pauvres. Un exemple concret :
les Allemands de l’ouest ont transféré leurs capitaux aux Allemands de l’est lors
de la réunification. Mais ils ont refusé de faire la même chose pour les Grecs.
Pourquoi (question rhétorique) ? Parce que les Allemands de l’ouest
et de l’est étaient compatriotes, il y’avait une culture commune et un
sentiment fort d’appartenance. Ils ne ressentent pas la même chose pour les Grecs.
Le peuple Allemands existe mais le peuple européen qui unirait les Allemands et
les Grecs (et d’autres) n’’existe pas. Donc, ici et maintenant, la nation européenne
n’existe pas.
Par contre
je constate l’existence d’une nation française. Le pramgatisme veut qu’on s’appuie
sur ce qui existe plutôt que sur ce qui n’existe pas. C’est l’adage un tient
vaut mieux que deux tu l’auras.
Donc ma
réponse : non, il n’est pas contradictoire d’être frexiteur et de
s’inquiéter de l’annexion du Groenland.