Il faut toujours un homme qu’on fait passer pour fou et prophète de malheur pour rassurer les autres et qu’ils continuent à dormir. C’est le rôle de Delamarche pour BFM.
Il tient parfaitement ce rôle et BFM est satisfaite car cela renforce d’autant plus la ligne éditoriale rassurante. Il faut bien un contradicteur aux annonces rassurantes, sinon ça parait louche. Comme certains vendent des pommes traitées aux pesticides, avec un peu de terre dessus, avec l’appellation et le prix bio.
Et Delamarche est un bon contradicteur, sulfureux et piquant à souhait, assez pour devenir divertissant sans pour autant être inquiétant, pour des gens qui ont trop confiance en leur propre jugement.
Beaucoup de petits investisseurs se convaincront qu’il est un extrémistes dans ses calculs et ses pronostics et que tout va bien. Il est le seul à parler comme ça à la TV. C’est donc qu’il est isolé, donc qu’il a tort. Voilà ce que peuvent penser beaucoup de téléspectateurs.
Il suffit de voir comment le présentateur fait mine de l’écouter et puis relance : "et depuis on a pris 800 points..." Voilà qui convaincra les plus naïfs que Delamarche est un fou ivre et qui prédit le malheur, et personne ne veut se malheur, en plus il n’arrive toujours pas, et ils sont beaucoup, en fait une majorité à garder la tête cachée dans le trou !
En définitive, l’intervention de Delamarche est toujours mise en scène par le présentateur sceptique et jamais convaincu. Et c’est cette posture qu’adopte beaucoup de gens. Tant qu’ils ne sont pas trempés, ils ne croient pas qu’il a plus. C’est l’expérience vécue à posteriori, quand tout est déjà fini.