Que disent les chiffres ?
Au 1er tour de la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon a réalisé dans la 11ème circonscription Hénin-Carvin 14,85%, Marine Le Pen 31,42%. François Hollande y était arrivé en deuxième avec 28,75% des suffrages.
Une 4ème place qui ne semble pas, au premier abord de très bon augure
pour Jean-Luc Mélenchon. Il peut se rassurer en observant que le total
des voix de gauche (Joly, Hollande, Poutou, Artaud), qu’il peut
prétendre rassembler, faisait 46,5%. Pas de quoi assurer la victoire
mais un chiffre qui dévoile une autre certitude : la circonscription
semble marquée à gauche : François Hollande l’a emporté dimanche avec
près de 60% des voix. "C’est une bastille de gauche imprenable", affirme Hervé Poly, numéro 1 du PC dans le Pas de Calais.
En 2007, Marine Le Pen avait été battue dans une circonscription au
découpage différent (la 14ème) par Albert Facon (PS). Elle avait fait
41,65% au 2ème tour.
Si la presse parle souvent de "fief", Marine Le Pen n’y a jamais gagné, souvent battu au 2ème tour par un "Front républicain".
Que disent les sondages ?
Les derniers connus, mais non officiels, réalisés il y a un mois et
demi, donneraient tous, selon des sources au PS, Philippe Kemel, maire
de Carvin (officiellement investi par le Parti Socialiste), vainqueur au
2ème tour devant Marine Le Pen.
Depuis, le Front de Gauche en a sans doute commandé un autre pour
tester la candidature Mélenchon. Mais on n’en connaît pas encore les
résultats.
Hénin-Beaumont : Mélenchon peut-il battre Le Pen ?
Que disent les responsables politiques ?
"Nous ne craignons pas que M. Mélenchon vienne à Hénin-Beaumont.
S’il venait, il aurait sans doute des grandes surprises car l’électorat
ouvrier de Marine Le Pen est particulièrement motivé, et pas précisément
du côté de M. Mélenchon", a déclaré ce vendredi Jean-Marie Le Pen.
Une façon de rappeler que cette 11ème circonscription fait clairement
partie des objectifs du Front National (Ce serait la première fois qu’un
membre du FN rentre au Palais Bourbon depuis 1986). Et si Marine Le Pen
n’habite non plus la circonscription, elle fait moins figure de
"parachutée" que Mélenchon.
A droite, un responsable régional de l’UMP estime que le choix de
Mélenchon est particulièrement risqué. L’UMP espère d’ailleurs qualifier
son candidat, Jean Urbaniak, maire MODEM de Noyelles-Godault, pour le
2ème tour.
Au PS, on affirme que le candidat désigné par le parti, Philippe Kemel, bien que très contesté en interne, se maintiendra quoiqu’il arrive. "Dès
lors que Jean-Luc Mélenchon serait candidat, cela donnerait lieu à un
beau débat d’idées au premier tour et à un désistement républicain au
deuxième tour", pense Catherine Génisson, première secrétaire du Parti socialiste dans le Pas-de-Calais.
En clair, le PS pense que Kemel peut arriver en tête des candidats de
gauche au 1er tour. Ce que confirme Marie-Noëlle Lienemann, ancienne
"parachutée" à Hénin-Beaumont, citée par Libération : "Jean-Luc aura du mal à être en tête s’il n’obtient pas le soutien du PS".
Pierre Ferrari, candidat DVG aux cantonales à Hénin-Beaumont en 2011
après avoir été responsable aux Jeunesses socialistes pense lui que le
PS devrait laisser la place à Jean-Luc Mélenchon : "Si toute la
gauche s’unissait derrière lui, nous aurions une chance de créer une
dynamique pour contrecarrer celle sur laquelle surfe Mme Le Pen depuis
la présidentielle" juge-t-il.
Une certitude : le duel est indécis, il va faire parler et focaliser
l’attention. C’est aussi sans doute l’un des objectifs de Jean-Luc
Mélenchon en venant à Hénin-Beaumont. De ce point de vue, il a déjà
gagné.
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