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O Scugnizzo O Scugnizzo 30 mai 2013 15:37

Voilà qui est tout de suite beaucoup plus intéressant, et je serai dans l’absolu d’accord. Mais il me semble que de séparer ainsi science et religion relève encore une fois d’une idéologie ethnocentrée, occidentale, dépendant ainsi d’une tradition de pensée particulière. Le premier exemple qui me vient à l’esprit est la définition même de religion et la place de ce terme dans les différents systèmes de langue. En arabe, on la définit par "dîn" il me semble, mais qui veut également dire traditions, coutumes, et en Inde la religion se dit "dharma" (toujours d’après ce que j’ai pu comprendre ou lire) mais qui désigne également un principe d’ordre cosmique, la loi, la caste. Rien que la définition actuelle occidentale est relativement nouvelle, on est passé en gros de celle de l’Eglise (religion = catholicisme), ensuite celle des lumières (religion positive et naturelle), ensuite Schleiermacher qui introduit le sentiment, le ressenti, et ensuite celle des sciences sociales, qui se heurtent justement à l’effort d’universalisation d’une telle notion. On ne peut avoir recours à Dieu ou à la figure d’un prophète (ou alors on ne considère pas l’hindouisme comme religion), on se concentre tout à la fois sur le sacré, le sacrifice, le totémisme.


Une chose ressort de ceci, la place universelle de la transcendance dans l’organisation du social, l’imbrication entre spirituel et rationnel si on veut le dire autrement. Alors comment penser une méthode d’organisation qui soit purement scientifique, en dehors des carcans sociaux (donc universalisable) ? Sortir des carcans sociaux c’est considérer le besoin anthropologique de transcendance, qui apparait dans toute collectivité. Or, si on considère à-priori irrationnel tout mélange entre sphère du sacré et processus scientifique, n’est-ce pas se plonger d’autant plus dans certains carccans sociaux ? Si on ne peut pas parler de "La science", peut-on alors parler de "La religion" ? N’est-ce pas le même traitement, relevant du fait de voir ce qui nous intéresse (endogroupe) comme très hétérogène et ce qui nous déplait (exogroupe) comme totalement homogène ?

Ce sont malheureusement toutes des questions auxquelles je n’ai pas la réponse mais qui se posent de manière assez brutales une fois qu’on s’intéresse un peu à l’histoire des religions, à la sociologie des religions et à l’anthropologie du sacré, entre autre.



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