@Oliderid :
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Réponse à vos différents messages :
Je vais vous dire pourquoi je m’intéresse à l’Antiquité. Les choses sont complexes, et vis-à-vis de la complexité des choses, il est bon de pouvoir compter sur les rares esprits à s’y confronter honnêtement.
De tels esprits sont tellement rares, qu’il faut remonter aussi loin que l’Antiquité pour les découvrir. Et si le passé le plus lointain me paraît plus enclin à produire de tels penseurs, c’est parce qu’il n’était pas esclave du progrès, du souci d’effacer hier par demain et de ne s’en tenir qu’à l’éphémère et au prosaïque.
Ce que j’appelle complexité est le fait de se rendre compte à quel point ce que l’on nous vend comme un bien de l’histoire (et je ne parle pas simplement du libéralisme, mais aussi de la démocratie, des droits de l’homme, du socialisme, etc.) n’est pas tout blanc, combien le mal se cache dans les plis de ce bien. Voilà pourquoi je ne souscris jamais au moindre "isme", pas plus au "libéralisme" qu’au "socialisme".
Ces conflits de chapelle sont à la portée des individus englués dans leur historicité, certes, mais ont peu de valeur lorsqu’il s’agit de comprendre l’homme.
Il y a des sujets valables de toute éternité qui ont été étudiés par Aristote et auquel aucun penseur contemporain n’a mieux répondu.
Un collégien en remontrait aujourd’hui à Descartes dans certaines parties de la physique. Un doctorant en philosophie ne pourrait en faire autant vis-à-vis de Platon ou Aristote. Le savoir scientifique n’est pas le seul à avoir prise en philosophie. La raison pratique permet bien plus de finesse d’esprit lorsqu’il s’agit de sonder la complexité et la diversité du matériau humain.
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Il n’y a pas de "dédain" dans mes propos, juste un ras le bol que ne soit plus prise en compte que notre attachement aux objets de consommation. Je ne suis pas le seul à m’en soucier et je ne suis pas "communiste" pour autant. Encore une fois, je ne nie pas les nécessités biologiques, je refuse de résumer l’être humain à celles-ci.
Le libéralisme est votre idéologie, acceptez déjà que c’en est une.
Quant à avoir les pieds sur terre, commencez donc par assumer le fait que tous vos repères (liberté, égalité, propriété, sûreté) ne sont que des constructions sociales, condamnées à un certain formalisme en vue d’être exportables en tous lieux. La pensée "libérale", ou prétendue telle, est pétrie de contradictions, de principes abstraits que de doux rêveurs prétendent en conformité avec les "faits", au rebours des "valeurs".
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Enfin - je ne fais pas, soyez rassuré à ce propos - de l’État un absolu, mais il se trouve que c’est de cette manière qu’a le plus de chances de se cristalliser la praxis politique, celle qui se doit de prendre en compte tout le monde, les vivants, les morts et les êtres à venir. Le libéralisme est une idéologie assujettie à l’au-jour-le-jour. Normal : il nie les traditions et, de manière générale, tout ce qui ne peut-être mis sur le marché.
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Dernière chose : à vous entendre, le libéralisme est la panacée. Pourtant, tout va de guingois dans ce monde. Pourriez-vous me donner un exemple au monde de pays "libéral", ou que vous assumeriez comme tel ? À défaut, sauriez-vous au moins définir ce qu’est le libéralisme ?
Aucun libéral n’en semble capable, et c’est très dommageable pour la cohérence du débat. Merci.