Les Chinois ont-ils liquidé les Tibétains ?
http://www.solidaire.org/ 31-05-2006
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Il en est arrivé à la conclusion dégrisante que les preuves du
génocide tibétain par les Chinois avaient été falsifiées et il a
aussitôt donné sa démission en tant que directeur de la campagne pour
l’indépendance du Tibet .
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Dans les années soixante, sous la direction du frère du
Dalaï-Lama, Gyalo Thondrup, des témoignages furent collectés parmi les
réfugiés tibétains en Inde. French constata que les chiffres des morts
avaient été ajoutés en marge par après. Autre exemple, le même
affrontement armé, narrée par cinq réfugiés différents, avait été
comptabilisée cinq fois. Entre-temps, le chiffre de 1,2 million de tués
par la faute des Chinois allait faire le tour du monde.
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French affirme que ce n’est tout bonnement pas possible : tous les
chiffres concernent des hommes. Et il n’y avait que 1,5 million de
Tibétains mâles, à l’époque. Il n’y en aurait donc quasiment plus
aujourd’hui. Depuis, la population a augmenté pour atteindre presque 6
millions d’habitants actuellement, soit presque deux fois plus qu’en
1954. Chiffre donné et par le Dalaï-Lama et les autorités chinoises,
étonnamment d’accord pour une fois.
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Les observateurs internationaux (la Banque mondiale,
l’Organisation mondiale de la santé) se rangent d’ailleurs derrière ces
chiffres. N’empêche qu’aujourd’hui encore, le Dalaï-Lama continue à
prétendre que 1,2 million de Tibétains sont morts de la faute des
Chinois.
Le dalaï-lama est-il une sorte de pape du bouddhisme mondial ?
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Ici, il convient de relativiser les choses. 6 % de la population
mondiale est bouddhiste. C’est peu. En outre, le dalaï-lama n’est en
aucun cas le représentant du bouddhisme zen (Japon), ni du bouddhisme de
l’Asie du Sud-Est (Thaïlande), ni non plus du bouddhisme chinois. Le
bouddhisme tibétain représente seulement 1/60e de ces 6 %. Et, enfin, il
existe de plus au Tibet quatre écoles séparées. Le Dalaï-Lama
appartient à l’une d’elles : la « gelugpa » (les bonnets jaunes). Bref,
un pape suivi par peu de fidèles religieux, mais par beaucoup d’adeptes
politiques…
Qui sont ses sponsors ?
De 1959 à 1972 :
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180.000 dollars par an pour lui personnellement, sur les fiches
de paie de la CIA (documents libérés par le gouvernement américain ; le
dalaï-lama a nié la chose jusqu’en 1980).
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1,7 million de dollars par an pour la mise en place de son réseau international.
Ensuite le même montant a été versé via une dotation du NED, une
organisation non gouvernementale américaine dont le budget est alimenté
par le Congrès. Le Dalaï-Lama dit que ses deux frères gèrent « les
affaires ». Ses deux frères, Thubten Norbu (un lama de rang supérieur)
et Gyalo Thondrup avaient été embauchés par la CIA dès 1951, le premier
pour collecter des fonds et diriger la propagande et le second pour
organiser la résistance armée.
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La bombe atomique indienne : le bouddha souriant
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Dès le début, c’est-à-dire quand il est devenu manifeste que la
révolution chinoise allait se solder par un succès en 1949, les USA ont
essayé de convaincre le dalaï-lama de gagner l’exil. Ils mirent de
l’argent, toute une logistique et leur propagande à sa disposition. Mais
le dalaï-lama et son gouvernement voulaient que les États-Unis envoient
une armée sur place comme ils l’avaient fait en Corée et ils trouvèrent
donc la proposition américaine trop faible. (Modern War Studies, Kansas
University, USA, 2002). En 1959, les Etats-Unis parvenaient quand même à
convaincre le dalaï-lama de quitter le Tibet, mais il fallait encore
convaincre l’Inde de lui accorder l’asile. Eisenhower proposait un «
marché » à Nehru : l’Inde acceptait le dalaï-lama sur son territoire et
les Etats-Unis octroyaient à 400 ingénieurs indiens une bourse d’études
afin qu’ils s’initient à la « technologie nucléaire » aux États-Unis. Le
marché fut accepté2. En 1974, la première bombe A indienne fut affublée
du surnom cynique de… « bouddha souriant ».
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1 “Tibet, Tibet”, P.French, Albin Michel, 2005.
2 Le major américain William Corson, responsable des négociations de l’époque, Press Trust of India, 10/8/1999.
3 Raj Ramanna, ancien directeur du programme nucléaire de l’Inde, 10/10/1997, Press Trust of India.