"C’est une analyse [l’analyse "réactionnaire"] classique qui tend à mettre en avant les rapports et
luttes ethniques plutôt que de s’intéresser aux causes économiques et
sociales."
=> Cela fait 40 ans que tous ceux qui mettent les problèmes culturels et identitaires sur le tapis sont vilipendés et classés à l’extrême droite. Michèle Tribalat (démographe) il y a dix ans, Hugues Lagrange (sociologue) il y a cinq ans, Christophe Guilluy (géographe) aujourd’hui. En fait dès qu’un chercheur tout-à-fait sérieux s’intéresse au fait culturel et identitaire, on lui saute à la gorge parce qu’il a le mauvais goût d’être relayé par Zemmour ou Finkielkraut.
Et cela fait 40 ans que les vilipendeurs ne cessent de nous dire "vous n’avez rien compris, vous êtes des affreux jojos car vous essentialisez ce qui n’a pas lieu de l’être ! Tout n’est qu’affaire de pouvoir d’achat !". Aujourd’hui le Réel prend sa revanche et les doux rêveurs sont à court d’anathèmes. Je voudrais leur dire ceci : étudiez ne serait-ce qu’en diagonale les sociétés primitives, celles qui étaient parvenues à endiguer les mauvais penchants marchands de l’être humain et vous vous apercevrez qu’elles s’appuyaient toutes (à ma connaissance) sur une forte identité culturelle, sur de la transcendance, parfois même de la magie, sur un sentiment d’appartenance ethnique très prononcé et sur le mépris pour la classe des marchands. Dans de telles conditions, la redistribution a un sens.
Alors je vous soumets une idée : et si celles et ceux qui nous serinent depuis tant d’années le primat de l’économique sur le culturel servaient en fait la soupe aux capitalistes les plus dénués de scrupules ? Et si ces gens contribuaient à permettre à l’économie de régenter nos vies de fond en comble par peur de discriminer qui que ce soit ?
EG
PS : Ceci dit, l’article est bien rédigé, bienvenu, intéressant et j’en félicite les auteurs.