Concernant
le facteur militaire, l’infériorité des aztèques (qui pouvait être aisément
compensé par leur supériorité numérique) tient moins de causalités matérielles
et techniques que tactiques : les aztèques cherchent à faire des captifs pour ensuite
les sacrifier.
Il faut souligner que les aztèques n’immolaient pas leurs propres vies en
oblation au dieu-soleil, le plus souvent la
victime est un guerrier ennemi fait prisonnier sur le champ de bataille.
La guerre a donc une double destination :
elle pourvoie les autels en victimes humaines et assure le développement économique
de l’empire en étendant régulièrement la zone d’influence aztèque.
Le système sacrificiel, consacre donc la suprématie
du pouvoir central au dépend des régions périphériques et nouvellement conquise,
il ne relève pas d’un morbide acharnement à l’autoconsummation, il avait une
fonction politique : c’est une technique de domination sanglante mais
efficace.
Les envahisseurs espagnols quant à eux pratiquent
une autre guerre, non conventionnelle qui se moque du carcan très ritualisé et codifié de l’art de la guerre
mexicain ils imposent leur force par tous les moyens sans hésiter à distribuer
la mort, ce sont des guerriers endurci ayant une solide expérience de la guerre
associée à un savoir faire cohérent et pragmatique, ils ont
une approche dure et réaliste du combat et connaissent les ruses et tactiques
pour infliger le plus de pertes possibles à l’adversaire tout en se préservant
au maximum.
Même déterminés et animés d’un esprit de résistance, les attitudes
militaristes des aztèques sont inadaptées.
Leçon à
en tirer : dans notre contexte de darwinisme des groupes qui a émergé
de la révolution néolithique selon lequel les groupes fédérateurs humains sont en compétition
pour la survie et qui voit les plus
faibles dominés ou détruits pat les plus forts, les peuples qui n’ont pas
adapté leur art de la guerre au contexte parce que sclérosé par leurs
traditions guerrières, idéologiques ou morales,
ont simplement disparu.
Pour survivre, il faut être dur, féroce, ne pas s’encombrer de
moraline ,d’ honneur ou de pitié (en tous
cas les faire passer après les impératifs d’efficacité qui sont une priorité
absolue) et par tous les moyens possibles chercher à vaincre, la fin justifiant
les moyens. Tel est la réalité politique, on peut s’en offusquer mais c’est ainsi …