Pour
répondre à berphi qui explique que l’Etat devait consulter les autorités religieuses,
comme vous l’expliquez vous-mêmes, le
mouvement rastafari n’a pas de Conseil Représentatif auprès de l’Etat
contrairement aux juifs, aux musulmans, aux catholiques etc., ces autorités
étant consulté pour certaines thématiques et projet politiques.
Mais le
mouvement rastafati , raélien , scientologue ,
les témoins de Jéovah etc. peuvent très bien se plaindre d’ un deux
poids deux mesures : pourquoi certains ont un conseil auprès de l’ Etat et
sont consulté et pas d’ autres ? Pourquoi ce traitement à géométrie
variable ? Ce n’est donc qu’un question de poids démographique ? Ill
faudrait donc que nous soyons suffisamment prosélytes pour pouvoir être
consulté par l’Etat ?
Un Etat
qui fait dans le deux poids deux mesures fait grandir un sentiment d’injustice
chez ceux qui s’estiment victimes d’une discrimination Etatique.
Pour
éviter cela et pour des raisons de cohérences : soit l’Etat consulte
toutes les religions ( ce qui pose problème , car comme nous l’ avons expliqué
plus haut , on ne sait même pas définir exactement ce qu’ est une religion )
soit l’ Etat n’ en consulte aucune.
La
deuxième configuration me semble la plus pertinente, et dans ce cas, il y’a pas
besoin de conseil représentatif religieux auprès de l’Etat, qui ne doit
reconnaitre aucune religion (il ne peut donc pas consulter ce qu’il ne
reconnait pas).
Berphi
me fait la remarque que les groupements religieux sont une force politique. Eh
bien je répond que le but de la laïcité
est précisément de leur enlever ce poids politique, c’est l’ une des deux
raisons principales raison de la séparation de l’Etat et de la religion ( l’
autre étant le fait que l’ Etat puisse instrumentaliser les religions , car si
les groupes religieux peuvent instrumentaliser l’ Etat à leur profit ,
l’inverse est aussi très courant ).
Evidemment,
je n’ignore pas le rôle politique joué par les religions depuis au moins la
révolution néolithique : servir de support sociologique et social au
contrôle des masses.
Cependant,
il faut se rappeler des origines de la laïcité moderne : les libéraux
classiques attribuaient la responsabilité des guerres civiles aux
religions et à leur prétention à
incarner un Bien devant s’imposer à tous, par la force si nécessaire.
Pour
construire une société sans guerre civile, il fallait être capable de fédérer
les hommes autour du renoncement à incarner la morale religieuse ou le Bien
religieux. Chacun peut avoir sa propre conception de la religion (ou ne pas en
avoir du tout), les valeurs religieuses ne s’imposent plus, à chacun de voir
les choses comme il l’entend , c’ est la privatisation des valeurs religieuses
qui les font passer de la sphère publique à la sphère privée.
La
grande erreur des libéraux a été d’avoir étendu ce renoncement non seulement à la morale religieuse et au
Bien religieux, mais à toute définition de la morale et du Bien en général, ce qui
amène à ce que Gueguen dans la vidéo à tv liberté appelle « l’Etat
axiologiquement neutre », de fait, ce renoncement à toute définition du
Bien et à toute morale a placé le marché au centre de la société.
Mais ce
n’est pas parce qu’il y’ a eu cette erreur qu’ il faut renoncer à tout le
raisonnement. La neutralité religieuse de l’Etat, oui et pour ce faire, il ne
doit même pas les reconnaitre. Reléguer les religions à la sphère privé, oui.
Cependant,
en ce qui concerne la sphère juridico législative et la gestion du Bien public,
ce que j’appelle la sphère publique, il faut que la collectivité définisse un
Bien commun et une morale commune et ainsi amener les citoyens à révérer « quelque
chose en commun ».
La
révérence commune envers ce quelque chose ne doit pas tomber dans le dogmatisme
sclérosé, il faut qu’elle soit critique afin de rester pertinente ; il s’agit
en permanence de l’analyser, de l’évaluer, de la remanier si nécessaire.
En
résumé :
- dans
la sphère privée, les communautés religieuses sont libres de s’organiser comme
elles le souhaitent, et l’Etat n’a pas à se mêler de ces organisations tant que la loi est respectée mais ne peuvent
intervenir ou être consulté dans la gestion du bien public.
- dans
la sphère publique, les communautés religieuses ou non n’existent pas, ce sont
de simples associations sans aucun poids
politique, il n’existe aucun intermédiaire entre le citoyen et la république,
seul compte la révérence des citoyens envers le quelque chose de commun.
Reste
ensuite à définir ce « quelque chose de commun » et donner des
critères à cette révérence, et à faire la distinction entre les citoyens (ceux
qui ont la volonté de participer à la gestion du bien public et qui donc
révérerons ce quelque chose ) et les civils qui eux ne s’intéressent pas à la
chose publique (car je ne pense pas que l’ on doive ou même que l’on puisse obliger
tout le monde à révérer cette chose commune ).
Vous l’
avez bien compris , je suis opposé au suffrage universel pour les raisons
expliquées ici : Voir la vidéo les 5 premières minutes
et de 16 : 30 à la fin ! ...