@ jean-mouche
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(désolé pour le pavé)
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Sur l’interprétation que je tire des sinogrammes, c’est un exercice assez périlleux à vrai dire
Je joue un peu avec le feu à ce jeu, ce serait un peu comme faire de la langue des oiseaux (et encore, je n’ai pas touché aux composantes du caractère), ce n’est pas très sérieux ! Toutefois, la langue chinoise semble vraiment bien ce prêter à ce genre de jeu, pourvu qu’on ait quelques cadres solides pour ne pas partir dans tous les sens non plus. Si chaque caractère peut avoir une grande polysémie de sens, son sens correct est en réalité donné par formalisme : il n’y a donc pas strictement "d’incommunicabilité" (mais je vais bientôt vous donner raison...). Sur le formalisme c’est vrai en général pour le chinois d’aujourd’hui, mais ça l’est d’autant plus avec la langue classique chinoise (la forme écrit du chinois qui était utilisée jusqu’à l’orée du XX siècle). C’est par l’agencement des caractères dans une phrase que leurs sens particulier peut être donné. D’un point de vue historique, le travail des exégètes a en grande partie consisté à donner le sens précis des caractères des textes anciens...
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Un aspect très important qu’ont eut à cœur les politiciens depuis l’antiquité a été la rectification des noms (? ?) pour que chaque désignation soit conforme aux réalités. Il faut classifier, ranger chaque chose dans une case précise. Le Tchouang tseu contient des vues très profondes sur le problème du langage (qui est étroitement corrélé à la problématique de la connaissance). Il fait exploser les cadres conceptuels de l’époque et montre que le langage est avant tout une construction humaine bien peu fiable... Il pointe le fait, en outre, qu’il y a toujours du non débattu dans les débats, des "sentiments" comme vous le dites qui ne sont pas, ou ne peuvent être exprimés verbalement. C’est la joute au plus beau parleur, en résumé c’est du n’importe quoi. C’est tout un sujet en soi, mais généralement on dit du Tchouang tseu que pour lui "tout langage est impossible", en gros qu’il casse tout au bulldozer et point barre (il critique, et c’est tout). C’est tout à fait faux. Il a une conception bien précise du langage, et c’est à travers l’application de celle-ci qu’il conçoit (pour moi)... une manière de sauver avant tout, non pas le monde — qui est de toute façon voué à se barrer en couille, — mais la Vie.
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Ça paraît bête... voire très paradoxale au regard du fait qu’il prône ouvertement, et par diverses manières, l’enseignement par la non-parole.
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Passons !
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Quelles autres sens pourraient avoir cette expression que j’ai adoré : "fouetter les trainards" ?
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Ce n’est pas une expression très poétique...
Ça peut bien sûr dépendre de beaucoup de variables comme... le problème de ton si vous parliez chinois lors de vos pérégrinations, la
musique occupant un rôle premier dans ces cultures... mais
bien plutôt, que vous parliez anglais ou un chinois impeccable, à un
fait culturel. Le plus évident est celui ci : chez nous, on communique,
on s’affirme par la confrontation. C’est par la collision de deux silex
que la flamme peut sortir. La prise de bec dans l’idéal est féconde,
c’est comme ça qu’on peut repartir sur des bases saines. Chez eux, c’est
l’implicite ?? qui domine, la réserve, en laissant suggérer, deviner
par touches subtiles... (C’est ici que ça recoupe ce que j’ai dit dans le post précédent ... ) C’est par un frottement de deux bouts de bois appliqué à un
endroit précis ayant, en apparence, aucun effet, qu’une chaleur puis un
embrasement se forme dans la zone que l’on souhaite modifier chez
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