@Éric Guéguen
Je suis d’accord pour dire qu’il y’a des changements au
niveau de la forme ( il y’en a toujours eu ) qui fait que notre époque a
ses propres spécificités mais je ne vois pas différence de fond au niveau des
structures sociales.
Mais je pense que nos diagnostics différents sont liés au
fait que j’accorde moins d’importance à l’histoire des idées que vous (ce qui
ne veut pas dire que je n’accorde aucune importance à l’histoire des idées, c’est
pour moi une composante à prendre en compte qui s’intègre dans un tout mais qui
ne détermine pas tout).
Autre chose : je ne pense pas que la politique puisse être
autre chose que ce qu’elle a toujours été dans sa pratique c’est à dire la gestion des rapports de domination (ceci étant,
l’articulation que fait Yann Martin entre autorité et pouvoir va m’amener à modérer mon propos dès
que j’aurais trouvé la formulation adéquate en introduisant la notion de
subordination).Donc là-dessus je ne suis pas fondamentalement en désaccord avec
médialter ( je me rappelle même que vous aviez qualifié médialter de MaQiavel désabusé
qui a tiré l’extrême conséquence de sa
vision de la politique).
La différence entre moi et médialter est que lui est un
idéaliste écœuré qui en est devenu profondément
aigri alors que moi je ne l’ai jamais été, très tôt, j’ai vite accepté le
monde tel qu’il se présentait à moi (avec tout ce qu’il a de bon et de mauvais
) et j’ai compris que si le monde idéal ne pouvait pas advenir , le monde concret
lui était perfectible mais pour l’améliorer (ou le rendre moins mauvais , c’est
selon ) , il fallait partir d’ici et maintenant et non d’ailleurs.
Après, c’est une question de perspective : pour moi
ces améliorations méritent que l’on se batte pour elles alors que pour un médialter,
ce ne sont palabres sans consistance
car il a encore à l’esprit le monde pur et parfait de son idéal perdu : c’est
un peu comme un coureur de 100 m, gagner un dixième de seconde, pour lui, c’est
énorme et il aura bossé énormément pour en arriver là. Mais que vaut ce dixième
de seconde pour celui qui a pour idéal de courir aussi vite que le guépard ?
Rien !