@Berphi
Me voici.
Je tiens à préciser que de
mon point de vue, Jacques Sapir est
devenu le pape du souverainisme Français, son dernier livre
« Souveraineté, démocratie, laïcité » est un chef d’œuvre de théorie
politique, grâce à lui j’ai beaucoup appris,
il donne une perspective de l’histoire de France que je n’avais jamais
envisagé, c’est un livre que je recommande à tous ceux qui ont un intérêt
quelconque pour la chose politique. Sur
le plan pratique, je le trouve aussi très bon même si certains de ses
positionnements politiques me semblent à coté de la plaque.
Sur l’affaire du Burkini,
voici ce qui me pose problème dans son analyse : « La
question de l’égalité entre hommes et femmes devrait elle aussi trouver une
application juridique. Rappelons que le principe en est inscrit dans le
préambule de la Constitution. Dès lors tout « marquage au corps » peut être
perçu comme une atteinte au principe d’égalité ».
D’abord Sapir semble
oublier le principe de la liberté de conscience et d’expression : on a le droit dans notre pays de penser
que les hommes et les femmes ne sont pas égaux et on a le droit de l’exprimer.
C’est mon cas :
je ne crois pas que hommes et femmes sommes égaux, nous sommes différents, dans
certains domaines les femmes sont meilleures et dans d’autres les hommes. Cela
relève de la logique la plus élémentaire. Il me semble que ce soit l’idéologie
de la confusion des genres qui postule une égalité et une indétermination entre l’homme et la femme, idéologie
qui a déjà été démonté par une série d’études.
Bref Sapir tombe dans
le féminisme et le genrisme le plus carricatural, ça c’est la première chose,
on doit etre libre de penser et d’exprimer qu’hommes et femmes ne sont pas égaux
(ce qui est une évidence) comme je viens de le faire , j’use de ma liberté de conscience
et d’expression.
Le second problème est
plus grave : Sapir semble insinuer
que l’opinion consistant à ne pas considérer l’homme et la femme comme égaux
remet en cause l’égalité de tous (donc y compris hommes et femmes) devant la
loi, raison pour laquelle il faudrait selon lui trouver une application
juridique à l’interdiction de l’expression de cette opinion. C’est absurde.
Pour reprendre mon exemple, le fait que je considère que l’affirmation
d’égalité entre homme et femme est
grotesque ne remet pas en cause mon attachement inconditionnel à
l’égalité de tous devant la loi.
Il y’a là une
confusion évidente entre « isonomie »
(égalité des droits et devant la loi) et
« égalitarisme » (idéologie selon laquelle les hommes sont ou doivent
être égaux dans tous les domaines de leur existence, l’idéologie du genre est
en une émanation).
Et pour terminer,
lorsqu’il se lance sur la question du marquage au corps, il semble se
concentrer sur le burkini alors que les marquages des corps recouvrent aussi
d’autres symboles comme les bijoux, les coiffures ou les tatouages. Faudra-t-il
donc légiférer sur ces éléments pour préserver un semblant de
cohérence ? On en revient à la question de la législation sur les mœurs
qui n’en finira pas et se révélera inapplicable à moins de changer de régime
politique pour mettre en place un régime totalitaire et tyrannique.
Je terminerai par ceci :
" l’idéologie
« il est interdit d’interdire », qui ne fait que donner une forme de
slogan à l’individualisme le plus crasse. "
Personne
ne dit qu’il est interdit d’interdire ( à part peut être les libertaires les
plus extrémistes ). Par contre, il est interdit d’interdire tout ce qui ne nuit
pas aux libertés fondamentales d’autrui et déroger à ce principe ne ferait
que donner une forme de slogan à la tyrannie la plus crasse.