Attention, ça pique : « 11
candidats à la présidentielle, on a un chanteur, un complotiste, un fou … c’est
une pièce de Boulevard ». 
Au-delà du mépris et de l’arrogance affichée par Pascal
Perri, moi ce sont les arguments qui m’intéressent. Bon, je ne vais pas parler de chacun des
candidats qu’il égratigne car à mon avis il ne les connait pas, il ne s’est
jamais intéressé à eux et il tente de les ridiculiser tout simplement parce qu’il
est face à l’inconnu, d’ailleurs il a fait moins le malin quand il s’est retrouvé en face de FA ( qui s’est beaucoup
amélioré dans ces médias ) , il a vite compris qu’il n’avait pas affaire au
crétin qu’il imaginait.
D’abord l’argument de l’équité, FA l’a balayé les deux
premières minutes quand les GG l’ont reçu.
Si on posait la question en termes de proportionnalité, l’exposition
médiatique devrait être proportionnelle à quoi ? Aux chiffres des
dernières élections ? Dans ce cas, l’exposition médiatique de Macron
devrait être nulle. Aux résultats des sondages d’opinion ? Encore une fois, on
en revient à cette question dont on ne peut se départir : il y’a une corrélation
entre l’exposition médiatique et les résultats des enquêtes d’opinion. Même si cette corrélation n’est pas parfaite,
il y’a un fait simple : ceux qui ne sont pas connus feront des scores
faibles. C’est évident. Macron aurait
été candidat en 2012 et ses sondages auraient été infinitésimaux. Donc il a su
se faire connaitre, parce qu’il a été ministre mais surtout parce qu’il a de
bons réseaux dans les médias ( on peut rajouter d’autres éléments comme le fait
qu’il soit jeune , qu’il ait un certain pédigrée , qu’il soit capable de
débattre mais d’autres que lui ont ces caractéristiques , donc ce qui est
déterminant , ce sont les réseaux ).
On peut tourner ça dans tous les sens mais au final le
résultat est là : c’est la caste journalistique qui décide qui doit être
exposé médiatiquement ou non. C’est
cette caste qui fait passer les personnages publics par leur filtre. Ce n’est
pas un complot, c’est un effet de structure très majoritairement spontanée (mais
pas uniquement) : les médias construisent les objets politiques et formatent les
perceptions publiques. Les vrais grands électeurs, ce sont eux. Ainsi, lorsqu’ils
font face à des gens qu’ils ne connaissent pas, ils élaborent d’urgence des critères
d’évaluation des inconnus qui ont eu l’outrecuidance de ne pas avoir été filtré
par eux (par exemple, le critère « complotiste » pour caractériser FA
qu’il a balayé de façon assez drôle aux GG).
En tous cas, le cas Macron est très intéressant, il nous
permet aujourd’hui de répondre à un certain nombre de contre arguments.