@MaQiavel
"Non, ça c’est une interprétation très particulière du sondage de l’institut Montaigne. Absolument rien ne dit que ceux qui sont classés parmi les autoritaires ( 28 % ce qui les situe entre 1/3 et 1/4 ) agissent en vue de la conquête de l’islam sur le territoire français ou souhaiteraient une charia au niveau national."
La catégorisation en 3 groupes de cette étude peut se discuter, mais ils ont posé des questions claires aux gens interrogés (par exemple, "êtes-vous pour le port du niqab ?", "êtes-vous pour l’expression de la religion au travail ?"...) qui indiquent si les personnes interrogées veulent que l’islam s’impose dans la société ou non. Par exemple chez les conservateurs on retrouve chez la moitié de ce groupe des gens à 95% qui critiquent l’interdiction de la polygamie. Chez les "autoritaires", dans le sous-groupe le plus soft on retrouve "40 % de ses membres [qui] sont favorables au port du niqab,
à la polygamie, contestent la laïcité et considèrent que la loi religieuse passe avant
la loi de la République.". Parmi les 28% (un petit tiers, pour le moment... et vu que ce sont plutôt des jeunes, cela indique la tendance), on a bien un mélange de sécessionistes et de pro-charia. Ce n’est pas l’"extrême-minorité" que les MSM nous ont vendu pendant des années en dépit du bon sens.
La charia c’est peu ou prou la loi islamique, et cette loi est sans ambiguïté : elle a vocation à supplanter tout autre syst législatif, et tout le pb est là. Quand on t’interdit de manger dans la rue au moment du ramadan, quand les filles sont très fortement incitées à porter le voile (pour avoir la paix), quand de nombreux comportements comme ceux-ci s’imposent par la pression sociale, c’est bel et bien le début de la charia qui s’impose.
Ensuite il y a comme souvent confusion entre l’échelle individuelle et le phénomène plus large qu’est l’islamisation, phénomène qu’on ne peut ignorer quand on passe de 0 à 2500 lieux de cultes en qq décennies seulement et qu’on observe l’évolution du pays. Il est évident qu’en majorité le muz n’est pas animé, à titre individuel, d’une volonté de "conquête de l’islam" ou de l’instauration de la charia, mais il est indéniable que "l’autoritaire "et une partie des "conservateurs" contribuent à un phénomène empiriquement constaté : certains quartiers/villes s’islamisent dans le sens où sur certains marchés, il n’y a plus que de la voilée, que cela parle arabe à tous les étals, qu’il n’y a plus que du halal (qui est l’habitude de 70% des muz et occasionnellement de 22%) de disponible, etc. Ce sont autant d’éléments qui permettent d’affirmer qu’il y a de nouvelles normes culturelles imposées et que ces personnes soient conscientes ou non ou même soient dans une démarche consciente de conquête n’y change rien : ils contribuent plus ou moins directement au phénomène plus large. Hors le but de l’islam est, sans aucune ambiguïté possible, que la planète entière se soumette à ce culte.
En fait tu sembles exonérer les personnes de ce qu’elles véhiculent avec une espèce de candeur qui m’échappe : même dans le groupe "conservateurs", les musulmans sont majoritairement favorables à l’expression de leur religion au travail ce qui est une manière d’imposer son culte aux autres. Ton "absolument rien" est surprenant... car évidemment que l’autoritaire et une partie des conservateurs ne vont pas affirmer "on veut la charia !", mais tu sembles ignorer (volontairement ?) trois réalités :
- que l’islam de papa au bled c’est en partie fini
- qu’ils en appliquent déjà certaines règles
- que ces règles finissent inlassablement par s’imposer à la masse silencieuse (que l’on nous présente comme compatible... masse qui ne représente même pas la moitié !) restante du groupe, puis à tout le monde.
Je ne partage en rien les conclusions de cette étude qui préconise l’organisation d’un islam de France, avec financement, formation et "enseignement de l’arabe à l’école publique", etc. : bref, elle préconise bien davantage que la prise en compte d’un phénomène social mais l’accompagnement même de cette islamisation. Il se trouve justement que cette étude dénonce le fait que cet islam soit dicté par les pays étrangers, ce qui contraste avec ton affirmation " mais ça ne fait un corpus idéologique commun qui va induire une trajectoire commune avec les pays arabo-musulmans.". "Commune", non et c’est lié à la disparité des origines des pratiquants. Mais il est évident qu’il y a un lien fort entre ces origines (p.21 de cette étude : seulement 50% sont Français de naissance, le reste l’étant par acquisition ou sont étrangers) et qu’il existe bien un corpus idéologique avec des tendances au sein de celui-ci.