1. Dans les discussions opposant partisans et détracteurs de démarches de recherche alternatives, n’oubliez pas de distinguer le résultat de la méthode. Autrement dit, ce n’est pas parce que le résultat d’un certain type de recherche vous déplaît (pour divers motifs) que la méthode est erronée. C’est seulement la méthode qui est intéressante à critiquer. Si une méthode à laquelle vous ne trouvez rien à redire en tant que méthode conduit logiquement à penser que les pyramides ont été construites par des Nains il y a 200 000 ans, alors vous devez admettre cette explication. Il n’est pas possible (ou il est stupide) dans une démarche raisonnable de sauter sur une conclusion pour lui exprimer notre amour ou notre hostilité selon qu’elle s’accorde plus ou moins bien avec notre système mental déjà constitué. En fait, vous ne devez pas être "intéressé" psychologiquement par le résultat d’une enquête pour pouvoir mener l’enquête (sinon il y a "conflit d’intérêt", ce qui est heureusement interdit dans les enquêtes judiciaires et les jugements).
2. Pour critiquer une méthode, vous devez distinguer trois choses :
- les axiomes et les postulats (qui ne sont pas démontrables mais sur lesquels ont doit s’accorder pour pouvoir discuter, sinon c’est inutile) ;
- les informations factuelles (sont-elles vraies ou fausses et comment le savons-nous ?) ;
- l’enchaînement logique (est-il cohérent ou bien peut-on pointer une erreur de raisonnement dans l’opération ?)
Quand vous ne tenez pas compte de ces précautions, personne ne dialogue : chacun parle à voix haute (ou écrit dans le cas d’un forum) et ricane dans son coin en se demandant comment l’autre peut être si crédule et si borné.