@Belenos
"je vous suppose né en Occident sous influence chrétienne car j’ai un vague souvenir que vous l’avez dit mais je me trompe peut-être"
Non, tu ne trompes pas : 3 grands parents issus de la paysannerie française dont je peux remonter les origines jusqu’au début du 16ième siècle, et une grand-mère d’origine ukrainienne-polonaise avec de la famille juive très certainement (chose que je n’ai pas creusé car d’une part ça ne m’intéresse pas plus que ça et d’autre part les archives ont été brûlées pendant la guerre rendant presque impossible la vérif) et pour ce qui est de l’"influence chrétienne", c’est plus que cela : éduc catho mais pas non plus dans la bigoterie. Egalement un vécu en terre islamique (entre autres) qui fait que je ne parle pas uniquement depuis des livres.
"Nullement. Je prenais simplement cet exemple pour indiquer que cela serait encore plus difficile pour une culture "étrangère" comme l’islam"
Etrangère, pour toi sans doute... quant à la difficulté, je n’e partage pas cet avis : observer de l’extérieur est bien souvent plus aisé qu’en étant partie prenante.
" L’expert en spiritualités conseille à la personne non offensée de ne pas s’appuyer sur des experts en spiritualité pour résoudre des problèmes d’organisation sociale qui doivent trouver une solution politique"
L’expert en spiritualités donne un conseil inutile (mais merci qd même) parce qu’il part d’une idée fausse : je ne m’appuie pas sur des experts en spiritualité comme expliqué précédemment : je m’y intéresse parce que c’est une nécessité. Du reste il y a de toute façon bien peu de spiritualité chez ces "savants" en Islam que je lis et il suffit de lire Boukhary pour se rendre compte qu’il est essentiellement question d’organisation des relations sociales, précisément. Il ne me semble en revanche pas sérieux de s’affranchir de la consultation ces gens qui, eux, sont écoutés, reconnus au sein de la communauté, afin de tenter de saisir la nature de cette imbrication (qui est complexe). En ce moment je suis plutôt sur des études de psy sociale (ma formation initiale), le but étant de couvrir le spectre le plus large des disciplines s’intéressant à cette question.
"Je crois que nous conviendrons tous pour dire que les pratiques peuvent être définies objectivement, mais je pensais que vous disiez que l’idéologie de l’islam pouvait également l’être (et qu’il fallait pour cela l’étudier)"
Oui pour la première partie. S’agissant de la 2ième, je ne fais que répondre à cette idée (fausse, et pas seulement selon moi) qu’il serait impossible de définir l’idéologie de l’islam tant les courants de pensée y sont nombreux. Là, il faudrait que je rentre dans les détails du pourquoi et ça risque d’être très pénible (je peux coller un extrait de mon livre mais ça risque d’être assez long et un peu HS). La problématique que pose l’islam est qu’il apparaît clairement comme un corps étranger (ce qu’il est) à une majorité qui se base sur ce qu’elle observe (d’où l’importance de parler des pratiques). Ce corps étranger nous saute au visage et à la gorge parfois de part la confusion structurelle entre spirituel et temporel, le caractère incrée de ce prétendu message (l’AT ou le NT, le Talmud, etc. sont tous des textes réputés écrits par des hommes), le caractère ultra confus du texte qui explique cette littérature exégétique colossale (et tu as raison là-dessus : il faudrait plusieurs vies pour en faire le tour et il n’est même pas certain que ce serait la bonne approche... cette entreprise est vaine et à vrai dire, j’ai souffert comme jamais en lisant ces auteurs). Il y aurait bien d’autres aspects à dév et je rejoins MaQ sur la complexité... mais disons qu’une des difficultés à appréhender cet objet vient précisément du fait qu’il échappe à nos grilles de lectures habituelles. Dés lors, on a tous tendance à décréter hâtivement une séparation entre politique et culture qui résoudrait tout mais qui n’a aucun sens pour un pratiquant. J’essaie de démontrer pourquoi tant de gens pensent (bien qu’ils n’y connaissent rien la plupart du temps) qu’il y a incompatibilité. La partie la plus complexe dans tout cela est de traiter de la question des vecteurs de l’idéologie (les musulmans eux-mêmes) tout en restant dans les clous de la loi ultra-contraignante. Je n’en suis pas encore là, mais il va me falloir les conseils d’un juriste (ou alors passer par un mode d’édition alternatif).