Arnaud
Gauthier-Fawas est un génie incompris, un héritier de Descartes qui tente de le
dépasser. Il faut douter de tout, n’est il pas ? Sous prétexte qu’Arnaud
Gauthier-Fawas serait un individu barbu, avec une voix grave, il faudrait en
déduire qu’il s’agit d’un homme ? 
Cela renvoie à la deuxième des Méditations
métaphysiques de Descartes : comment croire au témoignage de ses sens
? Comment estimer que, parce que je vois un homme (ou une femme, ou un morceau
de cire), il s’agit bien là d’un homme (ou d’une femme, ou d’un morceau de
cire) ? Que savons-nous de ce qui nous est extérieur, dans le fond ? Nous
croyons voir des hommes, et c’est tout. Nous sommes pourtant régulièrement
victimes des apparences. Nos sens nous trompent, et rien de ce que la réalité
nous présente ne peut être parfaitement reproduit par le rêve.
Sachons nous
montrer plus prudents, voilà ce que nous enseigne Descartes, de même que son
fulgurant héritier non binaire. Mais Arnaud Gauthier-Fawas va plus loin. Il ne
doute jamais, lui. Il fait douter les autres. Il sait qu’il est non-binaire,
mais il nous laisse par son apparence trompeuse dans l’incertitude quant à ce
qu’il est, jusqu’à ce qu’il lui plaise de nous le révéler.
Il est
parfois amusant de laisser la pensée tourner en roue libre et déconstruire
toutes nos certitudes. 