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Qirotatif Qirotatif 29 octobre 2018 08:47

@Belenos
Dans le monde des éducs spé (je suppose que cela existe aussi dans d’autres corps de métier, infirmières, etc.) il existe des profils qui... comment le dire... qui trouvent un certain plaisir à panser les plaies des erreurs. Il existe ce phénomène (particulièrement chez les femmes), cette volonté de materner qui parfois amène à jouir d’une emprise sur plus faible que soit. Le sentiment de puissance qui en ressort peut être une motivation au travail. Derrière l’altruisme se dissimule parfois et plus souvent que l’on ne le pense, cette dimension. L’altruisme pur peut tout aussi exister mais le phénomène que je décris existe également chez les éducs spé (certains témoignages de proches vont dans ce sens). Sous couvert de générosité on peut se retrouver avec des cas d’abus manifeste. 

Etant donné qu’il s’agit de mineurs et plus largement de personnes qui ne peuvent jouir de leur libre-arbitre (par exemple personnes handicapées mentales, séniles, etc.) et que les intérêts des mineurs ou de ces personnes doivent bien être défendus par une autorité supérieure, un tuteur légal (parents biologiques, tuteur désigné par l’Etat...) doit bien décider à leur place. Pourquoi une telle autorité ne pourrait-elle pas inscrire dans la loi qu’un enfant devrait pouvoir bénéficier de deux parents de sexe différent ? Ce type de mesure paraît pourtant évidente... mais le pb est que nous sommes partis dans une logique égalitariste qui en réalité nie les différences naturelles. Nous ne parlons pas ici d’un enfant déjà né ou du cas d’un enfant dont le parcours de vie des parents fait qu’il est élevé par deux personnes de même sexe mais bien d’un enfant à naître, d’un enfant dont, arbitrairement (dans le cas de la GPA), un ou plusieurs adultes décident en amont de conception qu’il n’aura pas deux parents de sexe différents. C’est exactement le cas de Fogiel qui, quand la question lui est explicitement posée, affirme que "la mère n’existe pas" alors qu’en réalité il y a bien une mère biologique et une seconde qui porte l’enfant. Dans les deux cas, celui de la mère bio et celui de porteuse, l’enfant a une relation : la première est de l’ordre de la filiation au travers le partage d’une partie de son patrimoine génétique, la seconde est de l’ordre de l’interaction évidente qui se produit entre un enfant et sa mère, fut-elle uniquement porteuse, au cours de la grossesse. 

Fogiel en réalité affirme qu’il n’y a que des individus, qu’il n’existe qu’une dimension culturelle et nie à ses propres enfants leur propre nature. Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est monstrueux pour éviter de tomber dans le jugement moral mais juste que cette pratique ne peut pas être avalisée en instrumentalisant a posteriori l’enfant lui-même, en tout cas certainement pas au prétexte qu’elle le serait dans d’autres pays. Avec ce type d’argument on pourrait alors considérer que, comme l’esclavage, les châtiments corporels ou encore la persécution de certaines minorités religieuses, sexuelles ou autres sont des pratiques dans certains pays, pourquoi ne pas les autoriser également chez nous ? De ce point de vue, la propre "logique" de Fogiel pourrait alors se retourner contre lui.

Bref on est ici dans une forme de revendication de justice d’exception déguisée sous les atours de la défense des droits des enfants tout en niant ces mêmes droits.




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