Oui la peur.
On est aussi des êtres sociaux, pas des solitaires, depuis
la préhistoire. Ceux qu’on se choisit et ceux qu’on ne choisit pas dans le
groupe. Sans aller jusqu’à l’état grégaire, les humains sont sociaux et
organiques, en mode flexibles, ou plastiques. Sans doute que l’organique a trop d’emprise,
maintenant : il n’y a plus de possibilité de fuite ou de mise en jachère, ou latence, d’une
organisation, dans nos sociétés d’aujourd’hui. Et sans point de fuite, cela se tourne en renforcement conflictuel
ou pathologique des relations. En tout cas, l’individualisme, c’est de la blague, éventuellement une période de fondation de société ou de transition, mais ce n’est
pas l’état permanent de l’humain.
Ajouter aussi que notre condition première est de celle de l’état
dépendant, de sa mère ou de ses parents. L’autonomie acquise ensuite est relative, elle
consiste à retrouver d’autres organisations familiales et sociales que celle d’origine,
c’est tout. Dès lors qu’on retrouve une
autre organisation, on revient au mode dépendant, avec de nouvelles autorités
qui décident à notre place et qu’on défend par une sorte de paresse de nos comportements.
Restent les organisations autogestionnaires, sans doute
celles qui nous conviendraient et qu’on ne sait pas prendre. Peut-être à cause
de cet état dépendant, le point aveugle qu’on ne sait pas débarrasser dans l’évolution
de nos existences. Ou bien parce qu’on a éradiqué de la planète ces organisations autogestionnaires pérennes, par le jeu des conflits
et des guerres, qui ont dégagé l’idolâtrie de la puissance, .
C’est tout ce qui nous reste, d’ailleurs, la puissance comme seule réponse à la peur.