Mélenchon, bien informé, démontre qu’une stratégie de choc est délibérément choisie comme le montre le texte du sommet européen du 14/15 décembre 2012 :
" Dans le texte de clôture de ce sommet,
comme je l’ai dit, quelques lignes m’ont frappé. Je les analyse comme un
aveu tellement frappant ! Voyez ces lignes. Elles méritent d’être
traduites intégralement. Elles expriment davantage que le cynisme ou
l’aveuglement idéologique ordinaire des commissaires européens. Lisez
lentement : « La crise économique et financière que traverse l’Union
européenne a été un catalyseur pour mettre en place des changements profonds.
Son impact est visible dans la restructuration profonde de nos
économies, qui a actuellement lieu. Ce processus est perturbateur,
politiquement stimulant et socialement difficile – mais il est nécessaire
pour jeter les bases de la croissance future et de la compétitivité qui
devra être intelligente, durable et inclusive. » Ce texte dit, en fait,
que la crise est en réalité une stratégie d’action et non pas seulement
une difficulté qui s’impose de l’extérieur. Je pense que cela jette sur
la situation un jour nouveau. Par la « crise », délibérément, les
eurocrates sont en train de faire naître consciemment et méthodiquement
un ordre nouveau. C’est la stratégie du choc décrite par Naomi Klein.
Attention : vu sous cet angle ce serait une erreur de dissocier
l’objectif et les moyens. La politique d’austérité et les moyens
autoritaires destinés à les imposer en Grèce, par exemple, forment un
tout. Je voudrai qu’on ne l’oublie jamais du moins ici parmi les
lecteurs qui viennent me lire dans le but de s’instruire et de compléter
leur propre analyse de la période historique que nous vivons.
Donc je veux revenir sur ce point précis de
la « crise » comme moyen d’action des dominants. J’ai déjà évoqué dans
ma conférence à Londres cette idée de « la crise » en tant que stratégie
de réorganisation du rapport de force entre le capital et le travail."
http://www.jean-luc-melenchon.fr/2012/12/26/pensees-inaudibles/