**“Dans la glorification du « travail », dans les infatigables discours
sur la « bénédiction du travail », je vois la même arrière-pensée que
dans les louanges adressées aux actes impersonnels et utiles à tous : à
savoir la peur de tout ce qui est individuel. Au fond, on sent
aujourd’hui, à la vue du travail – on vise toujours sous ce nom le dur
labeur du matin au soir -, qu’un tel travail constitue la meilleure des
polices, qu’il tient chacun en bride et s’entend à entraver puissamment
le développement de la raison, des désirs, du goût de l’indépendance.
Car il consume une extraordinaire quantité de force nerveuse et la
soustrait à la réflexion, à la méditation, à la rêverie, aux soucis, à
l’amour et à la haine, il présente constamment à la vue un but mesquin
et assure des satisfactions faciles et régulières. Ainsi une société où
l’on travaille dur en permanence aura davantage de
sécurité : et l’on adore aujourd’hui la sécurité comme la divinité
suprême. Et puis ! épouvante ! Le « travailleur », justement, est devenu
dangereux ! Le monde fourmille d’« individus dangereux » ! Et derrière eux,
le danger des dangers – l’individuum !
Friedrich Nietzsche, Aurore (1880), livre III
Sur l’esprit aussi il a aussi le même effet visiblement ce "Travail". L’effet de transformer un nietzschéen en Hégélien ? L’aliénation du travail transforme. Cette aliénation du travail transforme les relations entre les êtres humains en relation entre les choses, transforme le monde oui, mais le transforme seulement en monde de l’économie... Parfait pour le monde bourgeois, le monde des dominants, de ceux qui font la politique comme dit Eric, ce monde hégélien jusqu’au bout des ongles. ( défense de l’État, de la propriété, de la religion, du travail qui rend libre ect ect ) Moi j’étais Hégélien quand je ne travaillais pas. Depuis que je bosse je suis Nietzschéen, Stiernerien, Proudhonien, Bakouninien, Chomskyen, Russellien, disciple d’Orwell ect... Et surement pas Hégélien.