Bon j’avais pas trop envie de poster sur un article concernant le libéralisme ça me les gonfle un peu mais un p’tit effort. Tout d’abord c’est pas parce que c’est pas du libéralisme pur que c’est du socialisme ! Bonjour distance, bonjour nuance, bonjour intelligence ! Si ce qu’on vit n’est pas du libéralisme reconnaissez alors que l’URSS n’était pas du communisme au sens classique, c’est-à-dire selon Marx 1) par sa course à l’armement, où ce budget aurait du être redistribué (alors que dans un pays libéral ça booste le PIB, youpi !) 2) y a pas eu de dictature du prolétariat permettant une abolition de l’Etat et des classes. Donc on peut tenter ! Si on veut jouer avec les mots, faisons le jusqu’au bout, honnêtement, passionnément, ainsi apparaitra l’absurdité de la logique employée. Bien sûr que non, le libéralisme n’est pas purement appliqué, pour la simple raison qu’il n’est pas la solution naturelle comme le prétendent ses défenseurs. Il nécessite une ouverture artificielle de l’anus avant d’y rentrer le canon jusqu’au bout. Et la France, pays d’art et de lettres (ce qui a fait sa réputation), en même temps pays d’une forte tradition populaire, domaines traditionnellement en dehors du monde des affaires, nécessite un plus gros bistouri. Le libéralisme économique c’est la standardisation, le déracinement du même coup, tout le monde entrepreneur ou salarié, soumis aux caprices des marchés. On oublie d’où on vient pour mieux aller vers le Marché tout puissant. Le libéralisme culturel, c’est créé des fac de prostitutions comme le dit Michéa, vu que tout métier se vaut et que la morale est privatisée. On peut comprendre que l’application pure soit compliquée.
Le libéralisme n’assure aucunement l’égalité en donnant les mêmes chances formelles à tous, c’est mettre la lièvre et la tortue sur la même ligne de départ !
Pourquoi libéralisme et néo-libéralisme :) ? Au début je pensais aussi que ça servait à rien, jusqu’à ce que la relecture de Sieur Marx m’éclaira une nouvelle fois. Le libéralisme c’est pas un système total, il se conjugue avec des institutions en place. Le néo-libéralisme, c’est une nouvelle étape du libéralisme, suivant les évolutions du capitalisme. On fait quoi quand tous les marchés ou presque sont saturés ? N’apportent pas le meilleur retour sur investissement possibles (oui... un marché, ça se sature aussi) ? On va chercher toujours plus loin, dans des secteurs demandant toujours plus de capital de départ. Et aucune personne moyenne/normale ne peut bouger ce genre de capital. En prétendant illusoirement (prêtons nous à ce jeu débile) que nous sommes partis à zéro, seule une petite élite ayant vraiment réussi leur business peuvent aller titiller les banques, alors que c’est déjà les marchés saturés, la concurrence entre petits dont le peuple entrepreneur devra se satisfaire. C’est le début d’une polarisation entre riches et pauvres (plus ou moins enrichis). Et ainsi toujours plus, on va d’abord dans le pays voisin, puis toujours plus loin. Pour aller prendre les graines de café au Brésil, Nestlé a besoin de fonds importants. Le marché est juteux, prometteur. Si la banque peut lui prêter une grosse somme faisant office de capital de départ, c’est parce que tout un tas de gens ont leur bien à la banque. C’est la socialisation/centralisation (que ce nom les emmerde, c’est ainsi) du capital. Les p’tites gens entrepreneur de fortune amassent un peu de capital, pour en former un gros centralisé, dont bénéficieront uniquement les plus riches (qui peuvent fournir des garanties). Ainsi se forment les oligopoles, qui ont en plus la puissance méprisante de racheter tout nouveau jeune prometteur. Sans compter qu’avec les énormes bénéfices tirés de ces nouveaux marchés réservés aux plus riches (qui deviennent toujours plus riche), ceux-ci peuvent pénétrer les marchés saturés pour se faire de l’argent (si y a des p’tites marges, faut du gros chiffre, que seul un gros capital de départ permet), balayant les p’tits entrepreneurs qui restaient, c’est le monopole !
Le néo-libéralisme définit ce double processus : 1) légitimation des monopoles/oligopoles et légitimation de la prise de pouvoir de ceux-ci de toutes les sphères dont s’occupait l’Etat (privatisation du secteur public dans les mains des puissants) 2) processus de changement d’organisation des affaires tant publics que privées sous la forme du management le plus rationnel (une ONG, une multinationale ou une famille devraient s’organiser de la même manière), pour préparer effectivement à un libéralisme total et jusqu’au bout-iste, c’est-à-dire en totale contradiction d’avec ses promesses de départ (car irréalisables, les libéraux sont incapables de penser le changement, l’évolution d’un système). Un libéralisme pour les riches, et une socialisation du capital pour les pauvres. Tout rendu marchandise pour une privatisation de la totalité. Ce qui se terminera par une ex-propriation de la masse, on loue tous et les logements appartiennent à des grandes familles ou des grandes entreprises, ce qui est déjà le cas en ville et dans les grands villages, reste à conquérir l’entier de la campagne ("ouais mais justement c’est pas du libéralisme ça, c’est du socialisme !" "C’est le résultat justement, un peu de matérlalisme et moins d’idéalisme siouplait m’sieur ! Restons dans le réel, la science économique n’est pas une science. Relisez Proudhon qui avait déjà prévu l’ex-propriation capitaliste).
En ce sens le néo-libéralisme est un pré-libéralisme qui prépare psychologiquement la masse par un processus de destruction anthropologique à un libéralisme total, c’est-à-dire, comme il en est né (il est né en Angleterre, pays le plus riche et le plus avancé industriellement d’alors, et c’est pas pour rien) pour satisfaire les plus riches de leurs ambitions financières, sans que les plus pauvres (comme l’ont fait l’Allemagne et les USA alors, en théorisant le protectionnisme de Friedrich Liest par exemple, qui sont devenus comme par hasard riches, et qui prônent aujourd’hui - alors qu’ils sont puissants - le libéralisme le plus éhonté, comme par hasard une fois de plus), se révoltent ou en empêchent une totale application.