@Yoananda
Pour revenir sur les bolchéviques je vais essayer de développer un peu.
1. Avant tout quelque pré requis :
-Le pouvoir n’est pas un moyen, il est une fin. George Orwell
-La soif de dominer
est celle qui s’éteint la dernière dans le cœur de l’homme .Nicolas
Machiavel
-Des individus peuvent renoncer au pouvoir mais les classes dirigeantes
ne renoncent jamais au pouvoir, elles le perdent !
-Si pour se
maintenir au pouvoir une classe
dirigeante doit renoncer à son idéal, elle le fait sans vergogne.
Je vais développer le cas des bolchéviques sur cette base.
2. L’idéal révolutionnaire et la
réalité
Il y’ a
une différence entre la théorie idéologique et la réalité contextuelle. La
pureté idéologique n’amène pas à une prise
de pouvoir, on reste sur des fantasmes déconnecté du réel mais on n’exerce aucune influence sur lui. Le
pragmatisme construit sur le réel et le contexte peut amener au pouvoir mais
éloigne de l’idéal qu’on s’était fixé.
Lenine disait
que « la révolution n’est belle que
dans les livres ». Il a constaté la différence qu’il y’ a entre rêver
de révolution et en faire une et à quel point la réalité pousse à redéfinir son
idéal.
Il est
aussi possible que Lenine et les bolcheviques étaient des idéalistes,
je ne crois pas que dès le départ ils voulaient trahir, je pense qu’ils
croyaient en l’idéal pour lequel ils se
battaient mais la réalité a été telle que pour prendre le pouvoir il a fallu
prendre des mesures réalistes qui les a profondément transformé et
transformé leur idéal. J’en vois principalement deux :
-La
constitution d’une avant-garde révolutionnaire.
-Chercher
des financements
3. L’avant-garde révolutionnaire
-Pour Marx, l’avènement du
communisme devait se faire par l’automouvement de la classe ouvrière qui
s’éveillerait à la conscience radicale spontanément. L’émancipation des
prolétaires devait venir des prolétaires eux mêmes (je résume puissance 25 car
le rôle du parti est très complexe chez Marx).
-Pour Lénine qui
était un pragmatique, compter sur le spontanéisme des masses n’était pas
sérieux. Les masses étaient peu éduqué et amorphe, elle ne pouvait selon lui
rien faire toute seule. Il lui fallait des intellectuels supérieurement
intelligents pour l’éduquer, l’organiser et la régenter. Il a donc crée une
avant-garde révolutionnaire constitué de bourgeois déclassé et de grands
bourgeois juifs qui ne connaissaient rien à la réalité du prolétariat et qui
était chargé de botter le cul aux prolétaires quand ils étaient différents de ce
qu’ils étaient censés être dans la théorie.
Cette avant-garde est devenue le parti. Une fois au pouvoir elle
a imposé sa dictature qui n’était pas celle
du prolétariat comme elle s’en réclamait, mais de
bureaucrates ! Une classe dirigeante s’était constituée et elle allait
s’accrocher au pouvoir, comme toutes
classes dominantes.
Quand elle est
arrivée au pouvoir, c’était le bordel, la guerre civile faisait des ravages,
des puissances étrangères tentaient de les renverser, ce contexte a contribué à
construire la nouvelle classe dominante et à établir un système pyramidal très
rigide pour faire face à ces périls mais qui restera en place même après en
avoir triomphé.