@ Eric
Je n’ai pas la même conception de la "justice commutative" et de la "justice distributive".
Pour moi, la justice distributive
c’est la répartition équitable des richesses. "Équitable" ne signifie
pas "strictement égale", mais signifie que chacun doit avoir une part
des richesses en fonction de ses besoins. Je distingue "besoins" de
"désirs", même si cette distinction n’est pas toujours facile et peut
elle aussi mener à des excès dans un sens ou dans l’autre (et c’est
toujours dans ce genre de marges de nuances et d’interprétations que les
dialecticiens se glissent pour semer doutes et confusions en vue de
disqualifier à bon compte toute critique du système). Alors que la
question est résolue par une dose - qui me semble être le naturel de l’Homme - de bienveillance et de tolérance. Jusqu’à un certain point.
Sur la question de ce "certain point" - où situer la limite ? - c’est bien sûr toujours le principe homéostatique.
Plus un système (en ce compris la conception morale ou éthique
individuelle) est restreint et dogmatique, plus les limites hautes et
basses sont minces et le système instable et en proie à des tensions de
régulation constantes qui stressent constamment le système ; plus les
limites hautes et basses du système sont larges, plus le système est
homogène et stable - mais jusqu’à un certain point, car au delà, le
système devient trop vulnérable aux conditions extérieures.
Un
bon système doit donc trouver la bonne dose d’homéostasie à la fois pour
permettre d’évoluer en fonction des conditions extérieures, tout en se
protégeant de celles-ci pour continuer à fonctionner. Dans ces
conditions, le système, quel qu’il soit, à tout intérêt à calquer ses
fonctions sur les principes naturels, permettant une symbiose.
En pratique, pour ce qui est de la justice distributive, la valeur basse c’est les point 1, 2, 3 et 4 de ce schéma
des besoins fondamentaux ; la limite haute c’est le point 5 dans les
limites imposées par la contrainte de renouvellement des ressources
(pour ne pas dépasser le seuil de reproductibilité des ressources
naturelles et épuiser celles-ci).
Concernant la justice commutative, que vous décrivez par "un homme = une voie", vous vous trompez en réduisant ma pensée à ça. Je rejette les notions de "mérite" et de "meilleur", parce qu’elle repose sur des jugements dénués de repères objectifs. C’est comme la monnaie : il est impossible et invraisemblable de considérer la monnaie comme "un outil de mesure", vu que la valeur d’un bien est sans cesse changeante : c’est complètement abstrait. Ce serait comme utiliser un "mètre" à dimensions variable pour construire un édifice : j’aime bien Numerobis, mais y a des limites
C’est pareil pour le "mérite " et "le meilleur" : quel instrument de mesure utilisez-vous pour définir le mérite et "les meilleurs" ?
En général, pour résoudre cette équation impossible, les humains inventent des histoires et des codes moraux, qui changent d’une population à l’autre, d’une zone géographique à l’autre, et qui évoluent dans le temps. La plupart du temps, ces codes moraux sont en opposition avec les principes naturels (le cas des monothéismes est, sur ce point,remarquable). Et l’histoire nous montre que ça ne marche pas. Raison pour laquelle je rejette aussi la "morale".
Ai-je répondu à votre question ? 
Morpheus