1. Mais qui a dit que le
but premier de la guerre, ce sont les
pertes civiles ?
Cela renvoie à un de ces stratagèmes de l’art d’avoir
toujours raison de Schoppenhauer qui s’appelle l’extension :
Il s’agit d’étendre l’affirmation de l’adversaire de manière artificielle, pour
fournir un exemple qui contredit cette affirmation dans le cadre étendu.
Exemple moderne : vous affirmez que vous croyez à
l’inégalité génétique des groupes humains (ce qui veut dire que vous pensez que sur un
champ donné de la performance, le patrimoine génétique peut jouer un rôle, et
être recoupé statistiquement avec l’origine ethnique) ; votre adversaire
fait semblant de croire que vous croyez que TOUS les Blancs sont supérieurs à
TOUS les Noirs dans tous les domaines, et il vous cite le cas de tel ou tel
musicien noir de génie, par exemple « Armstrong jouait de la trompette
mieux qu’Adolf Hitler ». Avec ce genre de raisonnements, on peut arriver à
prouver que les Norvégiens ne sont pas plus résistants au froid que les Pygmées.
2. Me donner des exemples ou des militaires n’ont pas voulu
tuer des civils inutilement renvoie à un autre stratagème de l’art d’avoir
toujours raison, appelé « la confusion » : Il s’agit de
remplacer un objet par un autre dans le cours du débat, en jouant sur leur
proximité conceptuelle. Exemple moderne : vous affirmez qu’il y a beaucoup
de Juifs parmi les requins de la Haute Finance. Votre adversaire vous accuse de
prétendre qu’il y a beaucoup de requins de la Haute Finance parmi les Juifs, et
vous taxe d’antisémitisme.
Le fait que le général
allemand Von Choltitz n’a pas fait détruire Paris ne contredit pas ce
que je dis : depuis toujours, les non combattants se font
tuer à la guerre.
J’enfonce effectivement
une porte ouverte, je dis une évidence, je dirai même une lapalissade : à la guerre, des non combattants se font massacrer,
torturer, humilier etc. et ce depuis que la guerre existe.
C’est tout de même une
évidence incontestable
, je ne
dis pas que c’est bien, juste ou moral, je dis que c’est ainsi sur la terre des hommes,
qu’on le veuille ou pas, ça reste la réalité …