L’anarchisme restera éternellement une vaine tentative de déstabilisation d’un système, et n’a aucun avenir en tant qu’opposition : le système étant trop puissant, l’anarchiste finira rapidement hors d’état de nuire après l’avoir plus ou moins endommagé (souvent plutôt moins que plus)
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Les doctrines philosophiques ou occultes lui ont trouvé une substitution bien plus élaborée. L’individu peut y trouver non seulement une solution à long terme, mais souvent la seule voie praticable dans une civilisation à très fort indice de coercition. Ces doctrines sont en général très peu connues, la propagande culturelle n’y faisant aucune allusion car ce sont les genres de philosophies ultra-élaborées sur lesquelles le système n’a pas la moindre emprise.
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J’en citerais 3, il y en a d’autres mais je préfère ne pas en parler ici :
- L’Anarque d’Ernst Jünger
- Le Guerrier de Carlos Castaneda
- Le Ninja (hors caste) de la tradition japonaise
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L’anarchiste est selon moi une figure morte-née. A noter que la problématique date de la Grèce ancienne, un autre aspect qui témoigne encore du génie de cette culture :
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"Alors
Socrate : « Veux-tu donc que nous examinions qui mène la vie la plus
agréable, des gouvernants ou des gouvernés ? — Volontiers, répondit
Aristippe. — Et d’abord, parmi les peuples que nous connaissons, [...] De ces peuples, lesquels crois-tu vivre le
plus agréablement ? Et chez les Grecs, parmi lesquels tu te trouves,
quels sont ceux qui te paraissent mener la vie la plus agréable,
ceux qui commandent ou ceux qui obéissent ?
— Mais moi, dit Aristippe,
je n’entends
pas non plus me réduire en esclavage. Il me semble qu’il y a une
route moyenne, où je m’efforce de marcher, entre le pouvoir et la
servitude ; or, c’est la liberté, qui conduit le plus sûrement au
bonheur. Très-bien, dit Socrate ; si ce chemin, qui passe entre le
pouvoir et la servitude, ne passait pas non plus à travers les
hommes, ce que tu dis là aurait peut-être quelque valeur ; mais si,
vivant au milieu des hommes, tu ne veux ni commander, ni obéir, ni
servir de bon gré ceux qui commandent, tu n’ignores pas, je pense,
que les plus forts savent faire gémir les plus faibles, soit en
masse, soit un à un, et se les asservir. Ne vois-tu pas comme ils
coupent les moissons que d’autres ont semées, les arbres qu’ils ont
plantés comme ils livrent toute espèce d’assauts aux faibles et à
ceux qui refusent de servir, jusqu’à ce qu’ils les aient amenés à
préférer l’esclavage à une lutte avec de plus forts ? Et parmi les
particuliers, ne sais-tu pas que les courageux et les puissants
asservissent à leur profit les impuissants et les lâches ? — Aussi,
moi, pour n’en point passer par là, je ne m’enferme pas dans une
cité, mais je suis étranger partout."
Xénophon, les mémorables