Mais précisément, le XXIème siècle va sans doute sonner le retour en force de la sociobiologie et du darwinisme social au sein des sciences humaines, nous en voyons d’ailleurs les prémisses dans de nombreux domaines. La pauvreté sera de plus en plus analysée comme la conséquence logique et en partie prévisible d’une incompétence ancrée dans la génétique individuelle.
Déjà, le maire de Londres, eugéniste notoire, a suggéré l’idée que les aides sociales devraient être attribuées en fonction du QI et orientées vers les individus les plus performants susceptibles de devenir les plus productifs et utiles à la collectivité.
L’eugénisme - on a tendance à l’oublier - était accepté par la quasi-totalité du corps scientifique et social au tournant du XXème siècle, pas seulement par les nazis. Aux USA, on plébiscitait les politiques hygiénistes mises en place par Hitler. Tous les pays protestants avaient adopté une législation eugéniste, traduction sécularisée et rationnelle de l’idéologie de la Prédestination. L’Amérique et la Suède ont maintenu des programmes eugénistes jusque dans les années 70.
L’eugénisme passif ou actif est d’ailleurs toujours présent dans nos sociétés développées sous des appellations diverses et serait une pratique courante s’il n’y avait pas encore le tabou puissant du nazisme et du racialisme pour empêcher son retour "officiel".
Mais cela ne va pas durer. Avec l’écroulement annoncé des économies occidentales, l’accès de plus en plus restreint à l’emploi, les politiques hygiénistes répondront sans doute à une demande croissante des populations.