@gaijin
Bien sur qu’ils savent ce qu’ils font. Depuis la
révolution néolithique, les classes dominantes ont toujours eues à leur service
des prêtres dont le rôle est de légitimer leur pouvoir en produisant un
discours normatif. "Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maitre s’il ne transforme sa force en
droit et l’obéissance en devoir" écrivait Rousseau. C’est aux clergés d’aboutir à ce résultat.
C’est exactement le rôle joué par les économistes aujourd’hui :
leur démarche n’est pas interrogative ou descriptive contrairement à ce que l’on
pourrait croire (leurs modèles ne font d’ailleurs que décrire un monde
imaginaire qui ne correspond pas au monde réel) mais elle consiste à produire
un discours normatif ( les normes étant des règles à suivre , des principes de
conduites acceptées et imposés qui constituent l’idéal sur lequel la société doit régler son
existence sous peine de sanctions plus ou moins diffuses). La force de l’économétrie
ne tient donc pas tant de la qualité de ses hypothèses scientifiques que de sa
prétention à fonder un discours prescriptif dans le domaine de l’action
politique et économique, c’est ce qui fait qu’en dépit de sa formulation abstraite,
elle a des conséquences sur la vie quotidienne. Quand on y réfléchit bien, on a là toute les caractéristiques
de la religion (d’où le raidissement dogmatique).
Tout n’est pas à jeter bien évidemment (comme dans
toutes les religions) mais voilà, on a affaire à une religion séculière au
service des classes dominantes.