@gaijin
"non j’ai quitté très vite les bancs de la fac pour le monde " alternatif " "
J’ignore ce que tu entends par "monde "alternatif"" mais ta réponse semble indiquer que tu n’es pas un professionnel du secteur. Passons. Pour la forme j’ai écouté le début de la conférence que tu cites. D’abord, il faut remarquer que le titre est "Violences contre les femmes" et que la personne intervient à la fois comme militante et médecin. Ensuite les études ne sont quasiment pas citées : les chiffres sont balancés à l’emporte-pièce et nous sommes sensés les admettre comme des vérités. Il n’y a aucune description sous la vidéo pour renvoyer vers les sources. Bref, rien n’est vérifiable (ce qui ne signifie pas que ce soit faux, juste que c’est invérifiable).
Tout le début du discours repose sur "on sait que..." et il est hélas d’une grande confusion : il est question de viols, de viols sur mineurs, de viols sur enfants prépubères et de violences conjugales...
S’agissant de ton "20%" et ce "6 millions" le premier apparaît aux environ de la 7ième minute. La personne dit "on sait qu’il y a à peu près 20% des femmes qui vont aller voir des professionnels... du social, des professionnels de la justice et faire des démarches et que pour les viols et tentatives de viol c’est 30% qui vont aller voir un médecin par exemple, et 25% pour les violences conjugales".
Le problème ici est qu’on ne sait pas à quels faits précisément correspondent ce 20%. Il ne s’agit pas de nier le phénomène mais juste de bien s’entendre sur ce dont il est question.
"Pour la France, une source des plus fiables est celle de l’Observatoire national de l’action sociale décentralisée. Compte tenu de variations annuelles, les chiffres pour l’année 2000, expriment une stabilisation des abus sexuels sur enfants (5 500 en 1995, 5 500 en 2000). Il faut souligner que les cas d’inceste représentent 75 p. 100 de ces actes répertoriés d’agressions sexuelles (source S.N.A.T.E.M., 1999) et plus de 57 p. 100 des viols sur mineurs. Ils constituent 20 p. 100 des procès d’assises."
En admettant que ces données soient sous-estimées de part l’extrême difficulté pour les victimes d’en parler, on reste très loin des données que tu avances. La conférencière parle d’environ 240 000 viols par an selon elle, mais là encore, comptabilise-t-elle les actes perpétrés sur une même personne comme autant de viols ? En réalité on ne sait pas de quoi elle parle précisément. J’ai arrêté au bout de 8mn, cette conférence ne répondant en rien à la question.
E cherchant j’ai trouvé la source de cette personne : sa propre étude : http://www.memoiretraumatique.org/assets/files/v1/campagne2015/2015-Rapport-enquete-AMTV.pdf
Déjà cette enquête porte sur un public bien ciblé : "l’association
Mémoire Traumatique et Victimologie a décidé de conduire une enquête auprès des
victimes de violences sexuelles.".
Selon celle-ci pour 21% des interrogés les violences subies l’ont été entre 0 et 5 ans, 30% de 5 à 10 ans, 17% de 11 à 14 ans. Il y a là un soucis : l’âge moyen de la puberté est de 12,5 ans en France. Donc quand on parle d’actes pédophiles cette étude ne permet pas suffisamment de distinguer nettement les cas, parce que ce n’est pas spécifiquement l’objectif de cette étude. Cela étant les proportions de très jeunes victimes est en effet consternant. Autre critique, cette étude parle du cadre dans lequel se produisent ces violences (p. 104), mais n’objective pas ces données : Il est par exemple question de 2% de violences sexuelles qui se déroulent dans le cadre d’une institution religieuse. Mais en l’état, sans préciser la proportion de personnes fréquentant cette institution, il est impossible de déterminer exactement le poids relatif des données. D’une manière générale et sans surprise, ces actes sont commis par des proches (famille, connaissance de la famille, amis, couple). Un dernier élément est la proportion de personnes ayant porté plainte. En gros les 2/3 déclarent ne pas l’avoir fait. Donc si l’on rapporte cette proportion aux chiffres cités plus haut (environ 5500 cas par an), on aboutirait à environ à 15 000 cas par an, ce qui est énorme bien entendu mais pas dans les proportions que tu indiques.