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  • 2 votes
    alanhorus alanhorus 1er janvier 2016 23:52

    Une série concernant l’islam permet quelque part de comprendre une partie des enjeux qui se jouent dans le monde en ce moment.
    Ce n’est pas une partie d’Échec.
    Or ils ont tout fait pour qu’elle y ressemble.
    Il semble que le juifs sionistes et les musulmans se battent pour la possession du terrain de l’ancien temple de Salomon.
    Les Juifs sionistes prétendent que ce lieux leur appartient et que si il le récupère dieu viendra d’une nuée les féliciter et que le messie viendra vers eux (pour eux ce n’est pas Jésus qu’ils rejettent).
    Les Musulmans croient que Jésus est le messie et qu’il viendra à al-Aqsa parmis eux.
    http://www.islamreligion.com/fr/articles/363/viewall/le-retour-de-jesus-partie-1-de-5/
    Les Chrétiens prétendent qu’il est déjà venu et que c’était bien Jésus le messie et qu’à la fin des temps il reviendra.
    L’analyse de certains Chrétiens est que les Juifs sionistes attendent en fait l’antéchrist.
    http://www.la-question.net/archive/2009/11/28/le-chef-des-juifs-l-antechrist.html
    Dans un sens ils ont raison car le messie est synonyme de paix entre les peuple et de construction alors que les sionistes veulent détruire la mosquée sans se soucier du peuple musulman, ils agissent avec haine contre eux et nous le voyons au jour le jour de plus en plus.
    En fait les juifs sionistes sont pris à leur propre piège car ils mettent comme condition pour le retour du messie la reconstruction du temple de Salomon, c’est à dire donc la destruction de la mosquée d’al-Aqsa et la guerre ouverte avec les musulmans.
    Or eux aussi prétendent que le messie sera un homme de paix et un homme rassembleur pour l’humanité. Il ne peut pas être ainsi si ils détruisent un temple et bafoue tout une partie de l’humanité pour cela.
    Est qu’un Messie qui arriverait dans ces conditions serait crédible pour l’ensemble du monde ?
    Extrait de The Arrivals en français.
    https://www.youtube.com/watch?v=7X4ohHg1AtQ
    C’est de la pure logique. Conclusion si le Messie existe, c’est bien Jésus de Nazareth.
    Bien sur certains disent qu’il n’a en fait pas exister et que c’est un personnage de fable.
    Mais dans ce cas Là c’est encore pire, car cela signifierait que certains auraient dupé le monde tout entier avec une fable qu’il à lui même construite dans un but obscur.
    Nous y voila !





  • 2 votes
    alanhorus alanhorus 1er janvier 2016 22:25

     Là, Mahomet et les docteurs judéo-nazaréens qui l’entourent (les liens entre eux étaient anciens, et il est probable qu’il avait épousé une jeune femme de ce groupe, nommée Khadija ou autrement) ont une idée de génie, camoufler cette fuite en un repli stratégique pour la reconquête de la Terre (la Palestine), rappelant non seulement l’épisode égyptien de l’« Exode », mais aussi ce qu’avaient fait les Macchabées. Pour bien affirmer cette volonté agressive, ils vont jusqu’à rebaptiser Yatrib en Médine, allusion à la petite ville de Modin[31]d’où ces héros juifs, après avoir abandonné Jérusalem (167 avant J.C.) étaient repartis pour y revenir victorieux, fondant un éphémère royaume asmonéen de 163 à 135 av. J.C. Une autre façon frappante d’exalter ce repli en l’intégrant dans une stratégie offensive fut de transformer 622 en l’an I du calendrier musulman.
    - C’est ce repli de Jérusalem sur Yatrib (et non de La Mecque sur Yatrib, comme le prétend la vulgate officielle), où vivaient déjà d’autres judéo-nazaréens, qui fut nommé l’Hégire (= l’exode). De 622 à 634, Mahomet a sans doute fort à faire pour asseoir sa domination sur les Arabes de la péninsule. Il tente plusieurs opérations militaires, en particulier en 629 où il se fait battre à Mouta, au sud-est de la Mer morte. Ce n’est qu’en 634 que les opérations d’invasion commencent du côté de la Syrie, sous la direction de Mahomet lui-même (qui est censé être mort depuis deux ans), selon divers documents très anciens.
    - Ce sont les califes successeurs de Mahomet qui mettront en œuvre son plan. La prise de Jérusalem a lieu sans combat par les troupes d’Omar en 635, 636 ou 637. Omar, maître de la ville, fait déblayer l’esplanade du Temple, devenue un dépôt d’immondices et, avec ses alliés judéo-nazaréens, offre un sacrifice pour faire revenir le Messie.
    - Celui-ci ne se manifestant pas, les Arabes (les Qurayshites et les Ghassanides, naguère au service de Byzance, qui les ont rejoints) se débarrassent de leurs mentors, les docteurs de la foi judéo-nazaréens, et prennent à leur compte leur lectionnaire, le Coran, qu’ils font réécrire par ceux d’entre eux qui acceptent de « collaborer », pour en faire un livre sacré qui fasse pièce à celui des juifs (la Bible) et à celui des chrétiens (les Evangiles).
    - Cette lente élaboration (qui durera près de deux siècles) d’une religion de conquête sera la base de l’expansion islamique qui s’étendra vers la Perse et le bassin méditerranéen…

    Mahomet
    Mais le plus grand mérite de la thèse d’E.M. Gallez est de donner enfin son vrai relief au personnage de Mahomet. Laissant de côté la « sira », qui en fait un personnage aussi peu crédible que le sont de nos jours les biographies officielles d’un Staline ou d’un Mao par exemple, ce grand érudit, s’appuyant principa­lement sur les (trop) rares témoignages des chroniques du temps, nous peint un de ces grands hommes qui ont marqué l’histoire de leur forte personnalité.
    En effet, il fut à la fois négociant, prédicateur, conquérant et chef d’Etat, plus exactement « Seigneur des Arabes ».
    Négociant, grâce à son appartenance à la tribu des Qurayshites et son mariage avec Khadija, la riche cousine d’un des « prêtres » judéo-nazaréens, Mahomet se déplaçait pour son commerce à travers la Palestine, la Mésopotamie et le Liban-Sud, et Yatrib.
    Prédicateur « très bien instruit et à l’aise avec l’histoire de Moïse », Mahomet, « proclamait la venue du Messie », selon certaines chroniques[32]. Il laissait dire (sans l’affirmer) qu’il était un prophète annonçant en réalité non la venue, mais le retour[33] du Messie-Jésus qui devait être précédé par la « libération de la Terre (la Palestine) » et « la restauration de la Maison de Dieu (reconstruction du Temple) ».
    Egalement, conquérant, Mahomet l’est par son « charisme » de chef de guerre, sa capacité de fédérer les tribus arabes et de leur imposer une idéologie guerrière, mais surtout par sa stratégie consistant à profiter de l’épuisement des deux grands empires pour lancer une grande offensive, et sa tactique géniale de repli sur Yatrib pour mieux revenir vers la Palestine en donnant à ces opérations un caractère messianique.
    Chef d’Etat, enfin, Mahomet l’est par l’instauration de la nouvelle théocratie du califat, et sa vision de la communauté des croyants (umma) transcendant les nations et les empires, qui doit s’imposer au monde entier divisé en territoires soumis (dar el islam) et zones de guerre (dar el harb). Des projets qu’il n’aura pas le temps de mettre en œuvre, mais qui seront réalisés et développés par les califes qui lui succéderont.

    Conclusion
    C’est cette analyse originale que nous devons à Edouard-Marie Gallez, qui éclaire d’un jour nouveau cette période encore très mal connue de l’histoire du Proche-Orient.
    Ces conclusions ne sont encore qu’une hypothèse scienti­fique bien étayée, mais que la recherche historique devra confirmer ou infirmer sur de nombreux points.
    En tout état de cause, cette thèse devra dorénavant servir de référence à tout chercheur honnête sur la question des origines de l’islam.
    Mais soyons réalistes : ces réelles avancées de la science n’empêcheront sans doute pas la désinformation d’avoir encore de beaux jours devant elle dans l’islamologie officielle et la vulgarisation.



  • 2 votes
    alanhorus alanhorus 1er janvier 2016 22:24

    Ainsi, nous avons la preuve que les judéo-nazaréens n’avaient pas du tout disparu au début du VIIe siècle, puisque leur lectionnaire, avec le Pentateuque (tora) et l’Evangile (celui de Matthieu, injil), se retrouve dans l’actuel Coran. A partir de ce moment, nous avons une « grille » qui va nous faire avancer dans l’explication des événements qui vont se produire dans la pre­mière moitié du VIIe siècle. Cette découverte d’Edouard-Marie Gallez va lui permettre de bâtir une hypothèse scientifique qui va « coller » à la réalité géographique et historique.

    Les apories de l’histoire officielle
    Mais voyons d’abord ce qui s’est passé et comment la pseudo-histoire officielle nous explique la naissance et le dévelop­pement de cette religion guerrière qui, comme un raz-de-marée, va bientôt submerger non seulement le Moyen-Orient, mais une partie du bassin méditerranéen. Le début du VIIe siècle est une période de troubles dans l’empire romain d’Orient. L’empereur Maurice est détrôné et assassiné par un centurion, Phocas, élevé au trône par ses soldats (602). Ce dernier laisse ravager et conquérir ses provinces d’Asie par le Perse Chosroès II (Khusraw II). Mais en 610, il est à son tour détrôné et tué par Héraclius, le fils de l’exarque ou gouverneur général de la province d’Afrique. Attaqué de tous les côtés par diverses peuplades, l’Empire est sauvé par Sergius, le patriarche de Constantinople, qui fait jurer à Héraclius de le défendre, alors qu’il voulait transporter le centre du pouvoir à Carthage. Mais les Perses continuent leurs conquêtes et en 614 s’emparent de Jérusalem emportant la Sainte Croix à Ctésiphon (aujourd’hui Bagdad), leur capitale. Ayant enfin pu réunir une armée suffisante, Héraclius recommence la conquête de l’Asie mineure à partir de 622 et finit par vaincre les Perses à Ninive (628). Chosroès II est renversé par une révolution de palais et ses successeurs restituent aux Byzantins toutes leurs conquêtes, ainsi que la Sainte Croix qu’Héraclius replace solennellement à Jérusalem (631). C’est alors que les Arabes, qui n’avaient pas participé en tant que peuple à ces événements, vont soudain apparaître et tout balayer sur leur passage, faisant en l’espace d’un siècle, la conquête de la Palestine, de la Syrie, de la Perse, de l’Egypte, puis dans un second temps, du Maghreb et de l’Espagne (632-750).
    Les explications données par les historiens officiels sur la rapidité de cette conquête sont les suivantes : le Prophète, inspiré par Dieu, aurait essayé de convertir les polythéistes de la Mecque. Il aurait été d’abord expulsé et se serait replié sur Yatrib (future Médine), où il aurait composé le Coran et créé l’islam, aurait levé une armée, reconquis la Mecque, et de là serait monté vers le nord, comme un ouragan qui aurait tout renversé sur son passage.
    Or cette version, qui ressemble à un conte des mille et une nuits[26] butte contre les impossibilités ou les absurdités suivantes :
    - La Mecque, située dans un lieu particulièrement insalubre, n’existait pas au temps de Mahomet. Cette ville a été créée quelques dizaines d’années après par les califes pour des raisons religieuses et politiques[27] ;
    - Le Coran est truffé d’histoires juives et de recomman­dations d’appliquer les prescriptions de la religion judaïque. Or, les sources juives, comme le reconnaît de Prémare[28], sont muettes sur la présence de colonies juives dans cette partie du Hedjaz. Et ce n’est pas l’activité de marchand de Mahomet qui a pu lui donner une pareille érudition ;
    - L’idéologie messianique de conquête du monde qui était celle des conquérants arabes, est dénoncée par l’évêque de Jérusalem Sophrone en 635[29]. Or cette idéologie n’est pas arabe, ces peuples s’étant contentés jusqu’au VII siècle de guerroyer pour faire du butin ou d’être mercenaires des Byzantins ou des Perses ;
    - Contrairement à ce qu’affirme A.L. de Prémare après les islamologues officiels, Mahomet n’a jamais revendiqué pour lui la qualité de prophète. Dans les documents d’époque cités, il est écrit que les gens disaient qu’il l’était, ce qui n’est pas la même chose[30].

    Un essai d’explication : de Gabriel Théry à Edouard-Marie Gallez
    Voilà quelques objections (il y en a d’autres) qui sont insurmontables pour la vulgate officielle. Le Père Gabriel Théry avait bien vu les trois dernières, et pour y répondre, il avait avancé l’hypothèse du rabbin de la Mecque, mentor de Mahomet, qui l’aurait initié au Pentateuque, aux commentaires rabbiniques de la Bible, et aux arcanes de la religion juive. Il expliquait aussi l’importance de l’Evangile (injil) dans le Coran par la nécessité pour le rabbin de tenir compte de la communauté chrétienne de la Mecque. Les découvertes de Patricia Crone ont ruiné l’hypothèse du rabbin et de son adversaire, le curé. De toute façon, comment un juif, pour qui Jésus est un imposteur, aurait-il pu parler de façon laudative du Messie et de sa mère Marie ? Cette fausse piste devait donc être abandonnée : les Juifs « orthodoxes » n’étaient nullement responsables de la création de l’islam, c’est un fait maintenant établi. Une autre raison historique militait encore contre cette thèse : les Juifs venaient de subir, de la part des Perses, des persécutions qui ne les mettaient pas en position de force. En 614, par haine des Byzantins chrétiens, ils avaient aidé Chosroès lors du siège de Jérusalem par celui-ci. Pour les récompenser, le Roi des Rois leur avait confié l’administration de la ville. Ils en profitèrent pour se livrer à un grand massacre de chrétiens, si bien que les Perses leur retirèrent cette charge, les expulsèrent de la ville et les déportèrent dans plusieurs villes de leur empire.
    Il fallait donc trouver autre chose. C’est ce qu’a fait E.M. Gallez en avançant l’hypothèse de l’alliance des Arabes qurayshites et du groupe des judéo-nazaréens, qui, nous allons le voir, non seulement intègre les découvertes récentes (ou qui avaient été oubliées) de la science historique, mais surtout répond à toutes les objections que nous venons de mentionner, et explique les obscurités qui entourent l’apparition et le développement d’une nouvelle religion au VII siècle, l’islam. Nous nous borne­rons, dans le cadre de cet article, à mentionner les principaux points de cette hypothèse scientifique :
    - l’islam est né de la conjonction, dans la première moitié du VIIee siècle, de trois éléments : les peuplades arabes puissantes et riches lasses de combattre pour des étrangers (Byzantins et Perses) et récemment humiliées par eux ; ensuite le groupe de chrétiens hérétiques de sang juif, les judéo-nazaréens, porteurs d’une idéologie messianique de conquête non seulement de la Terre (la Palestine), mais du monde entier ; enfin un homme, Mahomet, appartenant à une tribu arabe de marchands disposant donc du « nerf de la guerre » nécessaire au démarrage et à la poursuite d’une opération de cette envergure ;
    - Un contingent d’Arabes ennemis des Byzantins aurait participé activement au siège de Jérusalem par les Perses en 614. En 622, devant l’avance des armées d’Héraclius qui a commencé la reconquête de l’Anatolie, les Qurayshites de Mahomet et les judéo-nazaréens qui les accompagnent, et qui sans doute avaient participé au massacre des chrétiens, décident d’émigrer (ils se nomment d’ailleurs ainsi, les « émigrés », muhadjirun) à Yatrib, la grande oasis du Hedjaz, où les armées byzantines ne risquent pas d’aller les chercher.



  • 2 votes
    alanhorus alanhorus 1er janvier 2016 22:21

    Mais parmi les différentes tribus arabes, il y en a une qui va prendre une importance considérable dans l’Histoire, celle des Qoréchites (en arabequrays), dont est issu Mahomet. L’écrivain syrien Narsaï, écrivant vers 485, mentionne déjà la cruauté des Qurays au cours des razzias qu’ils faisaient dans la région de Beith Aramayé, à l’ouest de l’Assyrie[16]. Il semble qu’au VI siècle, ils se soient reconvertis dans le commerce, peut-être à cause d’une christianisation, au moins superficielle[17]. De plus, de nombreux noms de lieux portent leur nom en Syrie, et non dans le Hedjaz, comme on pourrait s’y attendre. Le géographe René Dussaud[18] a relevé le nom d’une rivière qui porte leur nom (nar al quraysiy) qui traverse les ruines d’un village d’Arabes semi-nomades (un caravansérail, centre de commerce et halte pour les caravanes) appelé Khan el-Qourashiyé, situé 30 km au nord-est de Lattaquié. Les chroniques nous donnent encore d’autres indications sur l’activité de ces Arabes, qui se situe entre la Syrie et la Palestine : la Chronique de Jacob d’Edesse (fin du VIIe siècle), traduite par A.L. de Prémare[19] précise que Mahomet « alla pour le commerce en terres de Palestine, des Ara Çaya (région arabe de Mésopotamie) et de Phénicie des Tyriens ». D’autres traditions mentionnées par ce même chercheur situent autour de Gaza le lieu de l’activité commerciale de Mahomet et la tombe de son arrière-grand-père ; sa famille y possédait des terres[20].
    Les judéo-nazaréens
    Mais revenons en arrière, pour parler d’une autre force, spirituelle celle-là, sans laquelle l’islam n’aurait pas pu naître, la secte des judéo-nazaréens. Leur existence, très mal connue jus­qu’à ces dernières années, a été mise en valeur par Ray A. Pritz dans son étude Nazarene Jewish Christianity… Rappelons que c’est ce chercheur qui les a baptisés « judéo-nazaréens » pour éviter les ambiguïtés du vocable « nazaréens »[21] sous lequel ils étaient connus jusqu’ici. Il s’agit d’une déviation des chrétiens d’origine juive appartenant à la communauté du premier évêque de Jérusalem, Jacques (l’apôtre Jacques le Mineur ou le « frère de Jésus » Jacques le Juste ? ; la question est pendante), mort martyr en 62 après J.C. Ces judéo-nazaréens (avec E.M. Gallez, adoptons cette dénomination qui, à défaut d’être reconnue par tous les islamisants, a le mérite d’être claire) croient que Jésus n’est pas mort sur la croix (il y aurait eu une substitution), mais qu’il est gardé en réserve au ciel dans une perspective politique de conquête du monde.
    Parmi les écrits qui expriment cette idéologie politico-religieuse, il faut détacher le Deuxième livre de Baruch ou Livre syriaque de Baruch, un apocryphe datant des années 80 après Jésus-Christ[22]. Tout en prônant l’observation scrupuleuse de la Loi dans le présent, ce texte annonce dans l’avenir un monde nouveau et bien concret, qui viendra sur la terre après les douze époques de cette vallée de larmes. Alors, le Messie, qui est comparé à une vigne et aussi à une source d’eau vive, régnera sur le monde entier, et Jérusalem sera rebâtie. Ce n’est qu’au terme du règne messianique qu’aura lieu la résurrection des corps : « C’est pour toute la terre que cela arrivera… Dès que sera accompli ce qui doit arriver dans ces parties (du temps), le Messie commencera de se révéler »[23].
    Il y a dans ces textes, « Une vision dialectique du monde », selon l’expression d’E.M. Gallez. En effet, les judéo-nazaréens se distinguent de façon polémique des judéo-chrétiens (les chrétiens de Palestine) et des juifs orthodoxes. Aux chrétiens (ne recon­naissant que leur seul Evangile, copié de celui de Matthieu, à l’exclusion des autres), ils reprochent d’avoir contaminé de paganisme la pure tradition juive, le Messie-Jésus ne devant pas être « mêlé » à Dieu. Aux juifs, ils ne pardonnent pas la lapidation de Jacques le Juste, la non reconnaissance du Messie, et surtout l’introduction, dans le corpus des livres sacrés, de la Mishna et des Talmudin, qui donnent une fausse interprétation de la Tora. Ils sont donc les représentants de la vérité entre deux erreurs opposées.
    Comme tous les hétérodoxes, les judéo-nazaréens auront tendance à se diviser, et au Proche-Orient, ce morcellement s’inscrit dans la géographie, chaque groupe sectaire possédant un ou plusieurs villages ou quartiers d’une ville. Et comme ceux-ci vivent habituellement en autarcie, leur religion peut parfaitement rester ignorée du monde intellectuel, même pendant plusieurs siècles. Cela doit être particulièrement vrai pour les judéo-nazaréens qui étaient coupés du monde religieux juif et chrétien. Ces coutumes expliquent l’ignorance et les confusions faites par les Pères de l’Eglise, qui ont voulu appréhender le phénomène du développement des hérésies qui s’étendent, en particulier en Syrie, dans les premiers siècles après Jésus-Christ. En ce qui concerne les judéo-nazaréens, la plupart des exégètes sont incapables de les définir clairement. C’est le cas par exemple de saint Jérôme qui en 404 écrit à saint Augustin à leur propos : « Tandis qu’ils veulent tout ensemble être juifs et chrétiens, (ces hérétiques) ne sont ni juifs ni chrétiens »[24].
    En réalité, ils voulaient fortement se distinguer des uns et des autres ! Aussi bien le petit nombre de documents que nous possédons sur cette secte ne signifie pas qu’elle n’a pas existé et même prospéré, non seulement jusqu’au IV siècle, mais bien au-delà, contrairement à l’opinion de Ray A. Pritz. En effet, celui-ci ignore un témoignage capital qui n’a pas échappé à un autre chercheur, Simon Claude Mimouni[25], à savoir celui du pèlerin anonyme de Plaisance qui, vers 570, visita la Palestine. Il fait état d’une communauté d’Hébreux qui ne s’entendaient pas avec les chrétiens, mais qui n’étaient pas non plus des juifs talmudistes. Il ne pouvait s’agir que de judéo-nazaréens, analyse E.M. Gallez, qui donne d’autres preuves épigraphiques se trouvant en parti­culier dans des villages ruinés du plateau du Golan. Mais le texte capital qui nous fournit la preuve que, au VII siècle, les judéo- nazaréens n’avaient nullement disparu, c’est… le Coran lui-même, aussi curieux que cela puisse paraître. Mais le Coran étudié, non avec les lunettes roses de la légende musulmane, mais avec les outils de l’analyse historique et théologique utilisés par E.M. Gallez. En effet, le Coran que nous connaissons mentionne un « coran » auquel il se réfère, et cela soixante-cinq fois. Comme il ne peut pas se référer à lui-même, il s’agit bien d’un autre texte. Quel est-il ? Pour répondre à la question, il faut faire appel à l’étymologie. Le Mot Quran vient de Qara, verbe hébreu signi­fiant crier, lire ou réciter en public. C’est également le sens du syriaque qorono qui désignait un florilège chrétien d’extraits bi­bliques, destiné à la lecture publique, appelé aussi « lection­naire ». Cela s’applique parfaitement à l’usage que les musulmans firent du Coran élaboré par les califes à partir du VIIIee siècle, qui servait à des lectures journalières. Mais de quel lectionnaire s’agit-il dans les sourates qui parlent du « coran » ? La Sourate 3, 113 fait allusion à « Une communauté debout (umma) (qui) récite les versets de Dieu durant la nuit et ils se prosternent. »
    Ce n’est évidemment pas la communauté naissante des musulmans, mais une autre, qui est désignée ailleurs (Sourate 5, 66) : « Parmi eux (les Juifs), il y a une communauté qui va sans dévier ». Cette communauté qui, selon une tradition biblique ancienne, se lève la nuit pour réciter des psaumes, est évidemment celle de l’auteur qui, n’étant pas un Juif orthodoxe (ceux-ci constituent l’autre communauté qui « dévie »), ne peut que faire partie du groupe judéo-nazaréen qui nous occupe. Des citations de nombreuses autres sourates viennent conforter cette analyse d’Edouard-Marie Gallez.

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