Quelques conversions de groupe, plus ou moins spontanées, jalonnent l’histoire mais elles peuvent correspondre également à l’assimilation partielle aux populations environnantes de groupes juifs coupés de leurs traditions (légendes des "Dix Tribus" disparues) :
L’hébreu biblique nomme ????? (yehoudi, « judéen ») tout Israélite habitant la Judée7. L’araméen reprit ce mot sous la forme yehoudaïé8, qui devint ???????? [Ioudaîos] en grec ancien9 puis IVDÆVS [jûdæus] en latin10. Aux 10e siècle, l’ancien français fait évoluer ce mot latin en la forme judeu, qui se transforme ensuite en juiu puis enjuieu au xiie siècle EC11. De la forme féminine juive de ce dernier mot dérive, dès le xiiie siècle, le mot français masculin « juif » qui parvient jusqu’à nos jours sous les deux graphies « juif » (appartenant à la religion juive) et « Juif » (appartenant au peuple juif).