Bonjour Mr Lemaire au cas où vous repasseriez dans le secteur (j’imagine que vous avez bien d’autres choses à faire que surfer sur internet).
On ne peut pas dire que je sois franchement rassuré. Pour deux raisons :
- Passons rapidement sur la première qui ne mérite pas vraiment débat, j’ai l’impression que le travail de réforme du FN n’est pas achevé, et je me trompe peut être n’étant pas expert, mais j’y vois une arrière garde plaçant encore ses "valeurs" (hum) traditionnelles avant le combat déterminant contre la dictature monétaire, et qui de plus n’a pas l’air d’être enthousiaste à l’idée de devenir un parti modéré. Il s’ensuivrait des difficultés de gouvernement, surtout si les réformes monétaires et souveraines ont du plomb dans l’aile.
- Et le principal : je ne vois pas du tout clair dans les solutions de rechanges envisagées. Peut être que cela a été exposé quelque part et que je n’ai pas suffisamment cherché, mais je n’en ai pas eu le temps. Si survient un "Non" à ce référendum, que se passera t-il ?
Et d’abord, ce référendum est-il : cas 1 - Un référendum pour décider de quitter totalement l’euro et revenir au franc ? cas 2 - ou un référendum pour décider de revenir au franc tout en gardant l’euro ?
Cette question déjà est de la plus haute importance, car selon les cas : cas 1 - L’échec au référendum signifie que l’on ne quitte pas l’euro mais que l’on met quand même en place le nouveau franc. cas 2 - L’échec au référendum signifie que l’on ne quitte pas l’euro et que l’on ne revient pas au franc non plus.
Et où est-il décrit noir sur blanc et de façon précise l’élaboration d’un scénario de sortie partielle de l’euro ? De la façon dont conserver la liberté monétaire tout en frayant avec cet euro et une monnaie nationale ? Existe t-il à minima (comme semblent en parler des émules de mélenchon) un moyen d’emprunter à taux presque nul de l’euro ? Avez vous prévu un scénario de ce type ?
J’ai le sentiment que le temps qu’il vous manque pour convaincre de la sortie de l’euro, vous allez l’avoir durant les 5 années qui viennent, de sorte à proposer une ligne claire en 2017.
Et pour préciser : le moment où le peuple va être souverain, c’est au moment où il va mettre son bulletin dans l’urne présidentielle selon un projet déjà construit, donc le référendum n’a pas de sens sur ce sujet.
C’est effectivement déstabilisant pour quelqu’un qui, comme moi, s’est forgé son opinion au fil du temps, et qui donc a jugé que cet aspect du programme euro/protectionnisme/ré-industrialisation/souveraineté était la principal atout de Marine. A partir de là, j’étais certain de mes opinions, et pouvait les défendre sans faillir et avec force (ce que j’ai d’ailleurs fait en agaçant régulièrement les gens comme Isga). Nous avions quelque chose de déterminé, et l’on se retrouve soudainement dans l’expectative. Chose que j’ai régulièrement critiqué à propos du Front de Gauche. Ce n’est pas avec des "si" que l’on avance, mais une position claire.
J’en déduis que ce subit écart tiendrait à d’éventuels sondages qui montrerait que les français seraient défavorables à cette sortie de l’euro, et donc poursuivrait un but électoraliste, afin de ratisser plus large. (pour ce que valent les sondages).
Le problème, c’est que sans ça, la maison ne tient plus sur ses fondations. J’ai de mon coté l’intention de m’engager sur du solide, le restant du programme traditionnel de Marine ne faisant pas parti de mes priorités. Certes il m’arrive d’argumenter mon refus de l’immigration massive de temps en temps, mais ce n’est pas du tout un motif de choix de vote en soi me concernant.
Cela arrivant au dernier moment, c’est pour le moins extrêmement gênant.
Rien d’étonnant à cela, Marx prévoyait déjà le moment où le
développement du système capitaliste serait tel que même les partis
réactionnaires seront obligés de petit à petit reprendre les thèmes
révolutionnaires.
Et avait-il prévu le moment où les partis révolutionnaires se mettraient à la botte du système ?