En tous cas toutes ces réactions, disproportionnées, grotesques, pompeuses, confirment bien ce que disait Audiard : on vit vraiment dans un pays de peigne-cul.
Foutez-vous à poil dans la rue, inscrivez au feutre "Fuck Church" sur vos nichons, allez foutre le bordel dans des églises, et les médias vous soutiendront dans votre courageux combat féministe. Pas de trouble à l’ordre public, pas d’incitation à la haine des catholiques et des hommes, non, tout va bien, c’est formidable, nous pleurons tous de joie et nous vous soutenons dans votre combat, Caroline fera même un reportage en votre honneur.
Habillez-vous pour aller à un spectacle de Dieudo, allez rire, prendre du bon temps avec vos amis, faites une quenelle, et alors là, vous devenez un horrible antisémite, pire : un bouchez nazi mangeur d’enfants juifs. Y’a vraiment de quoi perdre son latin. Dieudo et ses fans ne se promènent pourtant pas à poil dans les rues avec "Fuck Synagogue" inscrit sur le torse, ne saccagent pas des synagogues, ne remplacent pas le "Pape sort de ma chatte" des femens, par "Juif, sort de mon porte-monnaie" !... si ce n’est sur le ton de l’humour ! et habillé ! et dans des salles de spectacle ! Dieudo ne balance pas non plus de la merde sur des représentations de Moïse ou Abraham, comme d’autres en ont balancé sur le Christ dans Golgotha Pic-Nic... Et pourtant, on l’accuse d’inciter à la haine et de troubler l’ordre public... Lui, Dieudo, mais pas les autres ! Nan vraiment, "j’ai beau être matinal... j’ai mal."
Ces hommes n’étaient pas des "peoples". On n’était pas encore américanisé jusqu’au trognon en ce temps-là. Hier encore je regardais Fantômas, avec De Funès, Jean Marais, ça m’a rendu nostalgique, j’y ai vu une France qui a complètement disparu, ne serait-ce que dans la façon de parler. Chez ces acteurs célèbres et pourtant modestes, souvent des autodidactes, on sentait qu’il y avait une éducation, une droiture, ils avaient de la tenue. Et ils n’étaient pas tout le temps en train de faire les cons, comme Debouze ou Dubosc, qui ne sont jamais sérieux plus de trois minutes, qui ne savent pas se tenir. Regardez une interview de Gabin, de Delon, de De Funès, de Blier, vous voyez des hommes, des vrais, des artisans, parlant de leur métier, de leur parcours, avec modestie, pudeur et même une certaine innocence. On dirait presque des gosses parfois. De ce temps-là à aujourd’hui, on se rend compte que l’éducation a complètement dégringolée. Et avec l’éducation le respect, l’élégance, pour laisser place à la grossièreté et à la vulgarité, non pas à la façon d’un Bertrand Blier, mais plutôt d’un Michaël Youne. Mais les temps changent et on ne peut rien y faire. D’ailleurs, ces acteurs-là aussi devaient voir la différence entre la France de leur enfance et celle des années 60-70.
Très bonne analyse en effet. Je tire mon chapeau à ce monsieur.
De toute façon, Dieudo est responsable, mais pas coupable, hein, on peut dire ça comme ça, non ?
Quand on peut continuer de faire de la politique et montrer sa tête à la télé après avoir laissé du sang contaminé tuer des innocents, souhaité de tout cœur la destruction de la Syrie, tout en ayant un fils qui ne paye pas d’impôts en France malgré la possession d’un appartement à 7 millions d’euros, je ne vois pas pourquoi qui que ce soit devrait être inquiété pour une quenelle. A moins que nos dirigeants soient des nostalgiques de la Bastille ? des faux républicains ? Est-ce qu’ils se rendent compte que ce sont des gens comme eux qui autrefois voulaient voir Molière brûler sur un bûcher à cause de sa pièce Le Tartuffe ? Ils sont comme ces bourgeois affairistes profiteurs de la Révolution, qui détestaient Rousseau ou Robespierre, parce que ceux-ci voulaient sortir le peuple de l’ignorance, leur faire comprendre la bassesse de leur situation.
Sont trop drôles ces faux républicains qui se vantent de la Révolution et de ses valeurs tout en voulant étouffer la "révolution" par la quenelle. Qui n’est pas une guillotine pourtant.