Ca change du petit troquet perdu d’ antan. Quand on s’ y pointait, vous étiez l’ étranger, le silence se faisait, et tout le monde vous regardait comme une bête curieuse. On écoutait ce que vous disiez. Pas vraiment méchant mais on ne se sentait pas à l’ aise. On ne s’ attardait pas. Pas le temps.
Et puis quand vous êtes admis, parce que on sait que vous êtes du coin, et il faut du temps, on comprends un peu mieux. On veut rester peinard dans le coin. J’ allais dans un troquet perdu après la pêche, "Chez Germaine", un bar de pêcheurs, des gars qu’ il faut pas emmerder. On est loin de tout là.
C’ est bien simple pas loin, il y a un bout de plage qui s’ appelle ’le bout du monde’. C’ est marqué sur une pancarte. Des amoureux qui y entrainent leur copine pour leur dire devant la pancarte "Pour toi j’ irai jusqu’ au bout du mooondeu". Et là la fille rigole..
Un jour un vendeur de tapis s’ est pointé dans le bar, et il a commencé illico son baratin devant les clients... Il se croit où lui ? Ils lui ont foutu le feu à son tapis et l’ ont mis dehors... Il n’ a pas demandé son reste le vendeur. Des années après ils en rigolaient encore, quand il n’ avaient rien à dire les piliers de ce bar. Et Germaine acquiescait.
Il y a bien sûr des tas de cas, mais la règle des 507 heures est là. J’ ai un copain saxophoniste pro américain, il vit en France, à vôtre avis pourquoi ? Parce que ce statut est unique.
Et si vous voulez comparer les systêmes, regardez le film Les Enfants du Paradis de Carné, il y a un nombre incroyable de talents, le casting est éblouissant. La plupart de ces gens creuvaient la dalle, mais ils étaient bons. Ils étaient obligés.
L’ art subventionné, c’ est un peu aussi la mort de l’ art. Le talent, c’ est ça qui compte, les autres doivent se résoudre à persévérer ou à faire autre chose. Mais si vous êtes subventionné...
Mon père a vu à Londres, dans les années 50, un théâtre ou des nouveaux pouvaient se montrer, c’ est le public qui décidait, si la salle rouspétait, un gros crochet attrapait l’ artiste et le sortait de scène. Pour rester sur scène il fallait être bon et sans flottement, rude école, mais si on s’ en sort...
Moi j’suis ’révolutionnaire’ qui dit, on n’ en saura pas plus. Le mot est lâché.... Les trois petits points en suspension... Comme Brassens qui se disait anar, lui, il avait commencé bien avant la mode. Mais il l’ a rappelé en 68...
Révolutionnaire.... Ca mange pas de pain de dire ça, et c’ est bon pour l’ auditoire, ça fait son petit effet. Attention, j’ suis un putain de tueur.... Hérosglobine ! Le silence assourdissant, après ça.. Un diable passe... Mais le vrai révolutionnaire se tait, comme tous ces lambertistes qui ourdissent en tapinois, ou il agit brutalement.
Pas de raison de douter de sa sincérité, il s’ en prend plein la tête avec ce qu’ il défend. On est loin pourtant des conquistadors qui prirent un Empire en étant poignée. Eux ils avaient un seul programme : Oro ! Là c’ est flou.... on improvise, on a du talent. Et puis une révolution par l’ humour, ça peut faire que rire a priori, mais bon... c’ est il y a eu Gandhi depuis... Pas le genre à partir à l’ abordage lui ! Et habillé avec un rideau, rien... Alors méfiance ! On attend le sketch qui désembastille. Le sang par le rire ! Le rire par le sang ! Et on tremble à la Main d’ Or !!!
Décidément, je n’ aime pas l’ art engagé, ni que l’ on se moque de Fernand Raynaud et des machines à laver.
Sinon, pas apprécié non plus son communautarisme noir, son attaque de l’ historien Petré-Grenouilleau,
Il y a aussi un beau sujet à faire sur les intermittents du spectacle !
Ils bossent 500 heures par an (soit 3 mois de boulot pour quelqu’ un de normal à peu près) et sont payés ensuite toute l’ année. C’ est bien simple en bas de chez moi, il y a un pont, ou l’ on peut faire des films sans demander d’ autorisation à la mairie. Résultat, il y a tout le temps des films qui s’ y font, l’ effectif est pléthorique, des tas de jeunes qui sont là pour se faire valider des heures. On ne sait pas ce qu’ ils font.
Et pour la loi Hadopi on a vu aussi ce double langage de la gauche, tous ces artistes démagos sur tout les sujets et puis quand ça les touche au porte monnaie, ils redeviennent féroces... A non, la copie c’ est trop injuste. A l’ assemblée les députés de gauche se sont débiné.
Désolé pour tous les gens sincères de gauche, mais franchement autant de faussetés, cela rend tous ces artistes, journalistes et politiques de gauche gluants.