"J’ajouterai que c’est encore pire quand de puissants intérêts occidentaux poussent pour que rien ne soit possible sans qu’ils aient la plus grosse part du gateau."
Votre réflexion gagnerait en pertinence si on pouvait citer un exemple, un seul, de pays ayant échappé, ou s’étant soustrait, à l’influence occidentale, et où les choses se seraient mieux passées du point de vue du développement. Il n’y en a aucun.
Et, pourtant, il y en a un certain nombre qui aurait pu se lancer dans l’expérience, de la Guinée de Sékou Touré au Zimbabwe de Mugabe, en passant par l’Ethiopie de Mengistu, le Mozambique de Samora Machel, le Ghana de Nkrumah, le Madagascar de Ratsiraka, pour ne rien dire de l’Egypte de Nasser et de l’Algérie de Boumedienne et succ.
"... qu’est-ce qui empêche leurs rêve de se réaliser ?"
L’impréparation !
Aucun pays n’a jamais passé en quelques années, ou dizaines d’années, de fonctionnement archaïque à structures industrialisées. Les pays les plus développés ont commencé avec quelques entrepreneurs visionnaires, des ressources énergétiques limitées, des capacités de formation réduites et tout a crû - du verbe croître - de conserve, les usines, les centrales électriques, les établissements d’enseignements moyens et supérieurs. La démographie a suivi le mouvement, elle ne l’a pas précédé comme dans le tiers monde.
Tout autre modèle de développement, volontariste, arbitraire, impatient et brutal est voué à l’échec. En raison, précisément, de l’impréparation et des improvisations, certaines tragiques, d’autres attendrissantes, d’autres encore cocasses, qui en résultent. Tous ceux qui ont quelque peu roulé leur bosse en Afrique me comprendront.
"Composez des
commentaires de qualité en utilisant les informations de la réinfosphère."
C’est ce que
je fais. Mais ça n’aboutit pas toujours aux résultats escomptés par certains. Voilà ce que
ça donne pour la Constitution :
Le peuple islandais s’est très
largement désintéressé du projet. L’élection des constituants
n’a déplacé qu’un peu plus du tiers des inscrits et la participation des
réseaux sociaux à la rédaction ultérieure a été un flop complet :
- Ont été postés, 370 suggestions et
3600 commentaires, soit une suggestion pour 837 habitants et un commentaire
pour 86 habitants, ce qui ne fait vraiment pas lourd si on songe qu’il y aura
certainement eu des intervenants à trois suggestions ou plus et à vingt
commentaires ou plus...
Fort de ce désintérêt, si on ose dire, le Parlement
a envoyé le texte au fond d’un tiroir, dans une indifférence toujours aussi
générale, hors du tout petit cercle que le sujet avait passionné.
Le principal enseignement qu’on
peut en tirer, c’est que le peuple s’est soulevé comme un seul homme ou presque
quand il a été question de pognon, mais que quand il a été question de
politique, il s’en est foutu comme de son premier súrmjólkurgrautur.
Pour ce qui est de la
situation actuelle de l’Islande, voici ce que j’ai découvert – dont la presse
mainstream ne parle pas davantage – sur le site francophone « Vivre
en Islande », créé il y a quelques années par un expatrié français, Eric
Eymard :
L’article
dont on trouvera ci-dessous quelques extraits significatifs a été mis en ligne
le 21 décembre. Il est intitulé « Les vilains lutins
de Noël (version 2013) » et
signé Ólöf Pétursdóttir, une opposante de gauche :
« … les Islandais ont eu un calendrier de l’Avent bien
étrange : chaque jour a apporté son lot de privations et de mauvaises
nouvelles. Les ministres fraîchement élus ont carrément tombé le masque et
révélé les figures peu engageantes des actions mises en place qui nous étaient
fort discrètement réservées. Ce ne sont pas des gigots ou des saucisses qui ont
été subtilisées, c’est toute une jeune république qui a été déconstruite en un
temps record.
« … le référendum promis sur les discussions avec
l’Europe a été dérobé, un peu comme la constitution qui aurait pourtant servi
le citoyen, sans autre forme de procès. (…) on a appris la fermeture de
nombreux services hospitaliers. Les bébés prématurés n’auront plus droit à des
soins adéquats, et les patients qu’on devait suivre suite à un cancer trouvent
les portes fermées. (…) la radio islandaise, fondée en 1930, a été abattue du
jour au lendemain (…) on crie sur les
toits que la dette des foyers a été annulée.
« On avait déjà proclamé que l’Islande avait refusé de
payer les pertes des banquiers, une affirmation qui relève de la
science-fiction. Ces deux énoncés sont faux. Une intox plus tenace et plus
dangereuse que les retombées de l’éruption d’Eyjafjallajökull (…) la dette a
été allégée pour certains ménages, mais pas pour ceux qui ont un revenu très
bas, ou pas de revenu du tout. »
Alors, voilà, du coup, la preuve que la censure médiatique évoquée est beaucoup moins évidente… Cela ne signifie évidemment pas qu’elle n’existe
pas, mais on n’en démontrera pas le caractère pernicieux en l’illustrant par des
exemples ressortissant aux légendes urbaines, relatives en l’occurrence à l’idyllique « modèle islandais » et à l’« héroïque résistance » du petit peuple de là-bas.