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Commentaire de ffi sur Alain Cotta : sortir de l'euro ou mourir à petit feu - Agoravox TV

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Commentaire de ffi

sur Alain Cotta : sortir de l'euro ou mourir à petit feu


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ffi 21 décembre 2010 18:04

Très intéressant.
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Sur le corporatisme (qu’il évoque en passant) :
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En fait, en latin, on a universum (univers) "tourné d’un même élan vers", puis "universitas" (université), "qualité de se tourner d’un même élan vers".
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Au 12ème, université désigne une assemblée (la spécialisation du mot viendra plus tard). L’université désignait aussi les corporations, structures fédérant les ouvriers d’un corps de métiers pour protéger leurs activités professionnelles.
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J’imagine donc que les corporations faisaient régulièrement leurs universités, pour décider en commun de la marche à suivre dans l’intérêt de chacun. C’était une sorte de gouvernement local du métier. Et le contour de l’action corporative était circonscrit métier en question.
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Ces moments de réunions et de conférence étaient utiles pour mettre en place des stratégies communes. Comme l’indique l’étymologie, la "conférence" est l’exact contraire de la différence : une conférence aplanit les différences par ce que chacun y partage les mêmes informations (informare = former à l’intérieur).
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Bref des conférences régulières donnent à leurs participants des pensées conformes et consensuelles (et tel est le but).
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Autrement dit, là où il y a une assemblé, se crée un microcosme, où les vues convergent et s’uniformisent. C’est le phénomène de la pensée unique.
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On pourrait ainsi désigner l’Europe sous le vocable d’université Européenne (dans le sens qui est usité pour les universités des partis politiques et syndicats), ce qui crée logiquement une corporation qui suit finalement surtout ses intérêts propres.
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Sous l’ancien régime, l’autorité (le Roi) était (absolu) sans lien avec aucune corporation. Elle avait donc plein pouvoir pour dissoudre toute corporation qui allait contre le bien commun (les templiers, par exemple).
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Avec le modèle révolutionnaire, le pouvoir est pensé à la base comme une université politique (l’assemblée nationale) sensée diriger la nation. Or, comme pour toute assemblée régulière, il s’y est créé un microcosme, une pensée conforme, et des réflexes corporatistes, d’où les avantages que les députés ont pu s’octroyer en terme de remboursement de frais, de retraite, d’indemnités, etc...
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Les diners réguliers (le siècle), les plateaux de télévision, ou encore les sectes initiatiques (maçonnerie), servent chacun d’assemblée régulière où la pensée unique s’épanouit et dont les conséquences sont, sans surprise aucune, des réflexes corporatistes.
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De fait, même en France, le pouvoir est totalement corporatiste = UMPS.
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On ne peut empêcher que des gens qui se réunissent régulièrement puissent s’entendre, et converger pour défendre leurs intérêts particuliers, c’est normal et c’est humain.
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Ce qui n’est pas efficace, c’est que ces groupements d’intérêts aient des positions de pouvoir qui ne soient contrebalancées par aucune autorité indépendante, au contraire, bien souvent, c’est l’autorité qui en émane.
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L’injustice qu’elles pourraient produire est ainsi sans contrôle possible.
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C’est la faillite de l’idéologie de Montesquieu de séparation des pouvoirs, car les pouvoirs séparés ne sont jamais qu’un partage du pouvoir, et ceux entre lesquels le pouvoir est partagé s’entendront toujours pour défendre et accroître leurs privilèges collectifs.
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Bref, l’Europe est la création d’une corporation politique, qui, de par son fonctionnement, finit par gouverner pour sa propre fin, comme toute corporation. C’est le principe de l’assemblée représentative qui est donc intrinsèquement mauvais.
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Il s’est passé la même chose en URSS, où les apparatchiks ont finit par "démissionner" de leur propre fonction de guides de la révolution pour se servir à satiété dans le pot à confiture.


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